Actualisé 14.08.2017 à 10:39

SyrieDel Ponte: il y a assez de preuves contre Assad

La juge tessinoise est convaincue que les preuves sont suffisantes pour condamner le président syrien de crimes de guerre.

1 / 150
Des dizaines de milliers de civils déplacés sont rentrés dimanche chez eux dans le sud syrien à la faveur d'un accord entre les rebelles et le régime de Bachar al-Assad. (Dimanche 8 juillet 2018)

Des dizaines de milliers de civils déplacés sont rentrés dimanche chez eux dans le sud syrien à la faveur d'un accord entre les rebelles et le régime de Bachar al-Assad. (Dimanche 8 juillet 2018)

Keystone
L'EI annonce la mort d'un fils de son chef en Syrie. (Mardi 3 juillet 2018)

L'EI annonce la mort d'un fils de son chef en Syrie. (Mardi 3 juillet 2018)

Keystone
Plus d'un quart de million de Syriens ont déjà fui l'offensive du régime sur les régions rebelles du sud de la Syrie, selon l'ONU. (Lundi 2 juillet 2018)

Plus d'un quart de million de Syriens ont déjà fui l'offensive du régime sur les régions rebelles du sud de la Syrie, selon l'ONU. (Lundi 2 juillet 2018)

Keystone

L'ex-procureure générale du TPIY et du TPIR Carla Del Ponte a confirmé avoir envoyé sa lettre de démission à la Commission d'enquête de l'ONU sur la Syrie, jeudi. Elle se dit aussi convaincue que les preuves sont suffisantes pour condamner Assad de crimes de guerre.

«Ma démission prendra effet le 18 septembre, date de la prochaine session de la Commission», précise l'ancienne procureure générale des Tribunaux internationaux pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) et le Rwanda (TPIR) dans un entretien au Matin Dimanche et à la SonntagsZeitung.

Les preuves sont suffisantes pour condamner le président syrien Bachar el-Assad de crimes de guerre, assure-t-elle par ailleurs. Mais en raison du veto de la Russie au Conseil de sécurité de l'ONU sur la création d'un tribunal international, il n'y aura ni accusation ni tribunal spécial pour l'instant.

Pas d'avenir sans justice

Cette situation est «frustrante», «c'est une tragédie», critique-t-elle. «Sans justice en Syrie, il n'y aura jamais de paix et donc aucun avenir», constate la Tessinoise. «Je n'ai jamais vu un conflit aussi violent, dans lequel il y a autant d'enfants morts, torturés, décapités. Les enfants sont les premières victimes de ce conflit.»

«Ma démission est aussi une provocation. Elle doit servir à mettre la pression sur le Conseil de sécurité, qui doit rendre justice aux victimes», insiste-t-elle.

Si toutefois un tel tribunal pour la Syrie devait voir une fois le jour, l'ancienne procureure de la Confédération, 70 ans, serait partante pour le diriger. Sinon, elle écrirait volontiers un livre sur ses expériences au sein de la Commission d'enquête de l'ONU sur la Syrie, créée en 2011 sous les auspices du Conseil des droits de l'homme (CDH) et dont Mme Del Ponte était membre depuis septembre 2012. (nxp/ats)

(NewsXpress)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!