Guerre en Libye: Déluge de roquettes sur Misrata: 23 morts
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Guerre en LibyeDéluge de roquettes sur Misrata: 23 morts

L'armée de Kadhafi pilonnait les positions des rebelles près du port de Misrata, jeudi matin. Selon les rebelles 23 personnes ont été tuées.

Les forces gouvernementales libyennes ont tiré jeudi des dizaines de roquettes sur la ville assiégée de Misrata, a déclaré un porte-parole des rebelles. Ces bombardements ont fait 23 morts et des dizaines de blessés.

«Le bilan s'est alourdi à 23 morts et des dizaines de blessés. Ce sont des civils, en majorité des femmes et des enfants. Nous savons qu'il y a trois Egyptiens parmi les tués», a déclaré ce porte- parole, qui s'est présenté sous le nom de Gemal Salem, interrogé par téléphone.

Auparavant un autre porte-parole, Abdelbasset Abou Mzereik, avait déclaré que les gouvernementaux avaient tiré au moins 80 roquettes Grad pendant une heure et demie sur le quartier résidentiel de Kasr Ahmad, près du port.

Un troisième responsable de la rébellion a exhorté l'OTAN à intensifier ses attaques contre les forces de Mouammar Kadhafi. «Un massacre (...) se produira si l'OTAN n'intervient pas avec force», a dit par téléphone ce porte-parole qui s'est présenté sous le nom d'Abdelsalam.

Mercredi, les insurgés avaient signalé d'intenses combats dans plusieurs quartiers de Misrata, ajoutant être parvenus à repousser les troupes gouvernementales à l'ouest de la ville. La ville côtière, assiégée depuis plusieurs semaines, est située à 220 km à l'est de Tripoli.

Ban Ki-moon appelle à un cessez-le-feu, l'UE au départ de Kadhafi

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a appelé jeudi à une solution «politique» et à un «cessez-le-feu immédiat» en Libye. L'Union européenne (UE), elle, a une nouvelle fois exigé le départ «immédiat» du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi.

«Nous appelons à un processus politique pour que le peuple libyen puisse réaliser ses aspirations», a déclaré M. Ban à l'issue d'une réunion internationale au siège de la Ligue arabe au Caire «Nous réitérons notre appel à un cessez-le-feu immédiat», a ajouté le secrétaire général de l'ONU, qui co-présidait la réunion.

La cheffe de la diplomatie européenne Catherine Ashton a pour sa part déclaré lors de la même réunion que «la position de l'UE est très claire: le colonel Kadhafi doit se retirer immédiatement». «La seule solution pour mettre fin à cette crise est politique», a-t- elle ajouté, en appelant à «un dialogue entre toutes les parties qui devrait mener à une période de transition».

Le chef de l'Organisation de la conférence islamique (OCI) Ekmeleddin Ihsanoglu et le président de la Commission de l'Union africaine (UA) Jean Ping ont également participé à cette réunion consacrée à l'examen des moyens de mettre fin à la crise en Libye.

Pas d'aide aux rebelles

Cette conférence s'est tenue au lendemain de la réunion à Doha du Groupe de contact sur la Libye, chargé du suivi politique de l'intervention internationale dans ce pays, qui a décidé la création d'un fonds d'aide à la rébellion et réitéré la nécessité d'un départ du colonel Mouammar Kadhafi pour régler le conflit.

Noureddine Mezni, le porte-parole de M. Ping, a affirmé pendant les travaux que la réunion discutait «d'un mécanisme international pour mettre en place un cessez-le-feu» en Libye.

«L'essentiel actuellement, c'est un cessez-le-feu immédiat. Après le cessez-le-feu nous suggérons un dialogue global n'excluant aucune partie, une période transitoire au cours de laquelle le peuple libyen choisira lui-même ses dirigeants», a-t-il dit à des journalistes.

«Parmi les idées discutées pour un mécanisme de cessez-le-feu, il y a le déploiement d'une force internationale» d'interposition, a-t- il précisé. «Une solution militaire est exclue et fournir des armes à n'importe quelle partie signifie davantage de destruction alors qu'il y a une catastrophe humanitaire», a-t-il ajouté. (ats)

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