Actualisé 21.07.2015 à 07:52

Nouvelle-ZélandeDemande d'asile du 1er réfugié climatique rejetée

Un père de famille des Kiribati, un archipel du Pacifique menacé par la montée des eaux, devrait être expulsé vers son pays. La justice néo-zélandaise l'a débouté de sa demande d'asile.

Aux Kiribati, les habitants essaient tant bien que mal de se protéger contre la montée des eaux.

Aux Kiribati, les habitants essaient tant bien que mal de se protéger contre la montée des eaux.

Ione Teitiota, 38 ans, réclamait le statut de réfugié au motif que lui, sa femme et leurs trois enfants, tous nés en Nouvelle-Zélande, couraient un péril mortel aux Kiribati, un archipel composé d'une trentaine d'atolls coralliens dont la plupart dépassent à peine le niveau de l'eau.

Des zones entières de l'archipel sont de fait régulièrement envahies par l'océan. L'érosion grignote les rivages et les récoltes s'appauvrissent en raison de l'infiltration d'eau salée dans les réserves d'eau douce.

Confirmant les rejets prononcés en première instance et en appel, la Cour suprême néo-zélandaise a statué que le requérant ne répondait pas aux critères d'octroi du statut de réfugié, lequel doit être menacé de persécution dans son pays natal, selon l'ONU.

Pas de «grave danger»

Si la plus haute juridiction du pays a reconnu lundi soir que les Kiribati étaient «incontestablement confrontée à des défis» climatiques, elle a également estimé que «M. Teitiota n'encourait pas de 'grave danger'» dans son pays natal.

«Aucun élément matériel n'indique que le gouvernement des Kiribati manque à son devoir de protéger sa population des effets de la dégradation environnementale, dans la limite de ses moyens», selon la Cour suprême.

Kiribati fait partie des nations îliennes, avec les Maldives, Tuvalu et Tokelau, qui pourraient devenir «sans terre» à cause du réchauffement climatique, selon la Commission des droits de l'Homme de l'ONU. Les îles Marshall et d'autres archipels sont également menacés.

Après une hausse moyenne de 20 cm au XXe siècle, les océans devraient encore s'élever de 26 à 86 cm à l'horizon 2100 par rapport à la moyenne 1986-2005, selon le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC). (ats)

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