Canton de Vaud: Demande de révision de François Légeret rejetée
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Canton de VaudDemande de révision de François Légeret rejetée

Condamné à la prison à vie, François Légeret ne bénéficiera pas d'une demande de révision liée à une relation entre deux juges.

Keystone

Le Tribunal fédéral (TF) a rejeté une nouvelle demande de révision de François Légeret. L'homme, condamné à la prison à vie pour le meurtre en 2005 de sa mère, d'une amie de celle-ci et de sa soeur, pointait du doigt la relation entre une magistrate et un juge.

Cette demande de révision, la quatrième de François Légeret, avait été déposée en octobre 2014. Elle se fonde sur la relation sentimentale entre une membre de la Cour de cassation du Tribunal cantonal vaudois et le président du Tribunal criminel de Lausanne.

Celui-ci avait prononcé une peine de prison à vie contre François Légeret en mars 2010. Quelques mois plus tard, la magistrate avait rejeté un recours du condamné contre ce jugement. En 2014, les deux juges ont annoncé leur liaison et l'un d'entre eux a ensuite démissionné.

Une seule rencontre

La magistrate, devenue juge ordinaire au Tribunal cantonal en 2011, a déclaré n'avoir rencontré celui qui allait devenir son partenaire qu'à une occasion avant de statuer dans cette affaire, lors d'une cérémonie d'assermentation en mai 2010.

«A cette période, les deux intéressés ne se connaissaient pour ainsi dire pas», avait jugé la Cour pénale. Et d'estimer que la juge n'avait aucune raison de se récuser et qu'il n'y avait pas de motif de révision.

Dans son arrêt, le TF rejette le recours de François Légeret contre la décision du Tribunal cantonal de refuser des mesures d'instruction visant à établir l'existence d'une relation entre les juges concernés en octobre 2010, au moment où l'arrêt cantonal avait été rendu.

Mon Repos considère que les explications données par la cour cantonale pour refuser l'audition de l'ex-concubin de la magistrate mise en cause sont justifiées. Contrairement à ce que François Légeret affirme, la cour cantonale n'a pas préjugé du fait qu'il allait nécessairement mentir parce qu'il aurait du ressentiment contre son ex-amie.

Audition inutile

Bien plutôt, il faut comprendre des motifs de la cour que celle-ci a estimé que, «quelle que soit la teneur des propos de l'ex-concubin, ses déclarations seraient sujettes à caution en raison des relations qu'il avait entretenues avec la juge, partant que son audition serait inutile».

En définitive, conclut le TF, dès lors que les deux juges mis en cause ne s'étaient rencontrés qu'à une seule reprise, lors de la cérémonie d'assermentation en mai 2010, et en l'absence de toute autre relation personnelle, c'est sans violer le droit fédéral que la cour cantonale a estimé qu'il n'existait pas de motif de récusation.

Nouvelle révision lancée

En mars dernier, François Légeret a adressé une nouvelle demande de révision à la justice vaudoise. Sa demande se fonde sur un livre du journaliste Jacques Secretan «L'affaire Legeret, un assassin imaginaire» paru l'an dernier.

L'auteur a recueilli le témoignage du fils d'une boulangère qui était à l'origine de la révision du procès Légeret. La commerçante affirme avoir servi les deux victimes Ruth Légeret et Marie-José Légeret le 24 décembre 2005 en fin d'après-midi, soit après l'heure de leur mort selon les conclusions retenues par la justice. (arrêt 6B_676/2015 du 24 avril 2017) (nxp/ats)

(NewsXpress)

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