Crise libyenne: Démission du chef de la diplomatie
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Crise libyenneDémission du chef de la diplomatie

Le ministre libyen des Affaires étrangères a quitté la Tunisie pour Londres, mercredi. Une fois arrivé il a annoncé sa démission du gouvernement.

Le ministre libyen a quitté la ville de Djerba «pour Londres par un vol de la compagnie Swiss à 13H00». Moussa Koussa, a annoncé sa démission mercredi soir à son arrivé à Londres, a indiqué le Foreign Office. Il était parti de l'aéroport tunisien de Jerba, avait rapporté l'agence tunisienne de presse tap plus tôt en soirée.

Moussa Koussa, accompagné de Abdelati Laabidi, vice-ministre pour les affaires européennes, étaient entrés lundi en Tunisie par la route dans des voitures officielles libyennes au poste frontière tuniso-libyen de Ras Jdir.

A partir de là, on perd leur trace. Alors qu'on croyait le chef de la diplomatie libyenne à Tunis, l'agence tunisienne a finalement annoncé qu'il avait passé deux jours dans un hôtel à Djerba et était parti pour Londres.

Les loyaliste progressent

Les forces loyalistes ont regagné du terrain et repris le site pétrolier de Ras Lanouf.

Des appareils de la coalition ont survolé Tripoli dans la nuit, avant que des explosions ne soient entendues dans la banlieue de Salaheddine, au sud-est de la capitale, à rapporté un témoin. L'Otan a de son côté annoncé avoir commencé à assurer le commandement des opérations aériennes, prenant la suite de la coalition dirigée par les Etats-Unis.

Au plan politique, le colonel Kadhafi a subi un grave revers. Son ministre des Affaires étrangères, Moussa Koussa, a annoncé sa démission à son arrivée mercredi soir à Londres, après un bref séjour en Tunisie.

Un haut responsable américain a qualifié cette défection de «très importante». Il estime qu'elle montre que l'entourage de Mouammar Kadhafi n'a plus confiance dans la solidité du régime. «Nous encourageons ceux de l'entourage de Kadhafi à le quitter», a déclaré de son côté le Foreign Office à Londres.

Silence de Kadhafi

Au pouvoir depuis 42 ans, le colonel Kadhafi est confronté à une révolte populaire sans précédent. Il ne s'est pas exprimé en public depuis plusieurs jours.

Sur le terrain, de «petits groupes» d'agents de la CIA sont déployés en Libye pour prendre contact avec la rébellion et guider les frappes de la coalition, a affirmé mercredi le New York Times. La chaîne ABC a assuré que le président Barack Obama avait donné l'autorisation d'aider secrètement les rebelles.

De même source, «des dizaines de membres des forces spéciales britanniques et d'agents du service d'espionnage MI6 travaillent en Libye», en particulier pour recueillir des renseignements sur les positions des forces loyalistes. Réagissant à ces révélations, le porte-parole de la Maison Blanche, Jay Carney, a dit refuser «de s'exprimer sur des questions de renseignement».

Retrait des insurgés

Sur place, l'avancée des insurgés a été stoppée puis inversée ces deux derniers jours par les forces du régime. Les loyalistes, revigorées par l'absence de frappes aériennes depuis plusieurs jours, ont repris mercredi matin le port pétrolier de Ras Lanouf et progressé vers Brega, à environ 80 km à l'ouest d'Ajdabiya.

Les rebelles ont multiplié les appels à l'aide à la coalition internationale. Mercredi après-midi, les insurgés ont poursuivi leur repli vers l'est.

Dans une conférence de presse à Benghazi, un porte-parole des rebelles a expliqué le retrait des insurgés par le fait qu'ils étaient confrontés à des milliers d'hommes, membres selon lui de la garde républicaine tchadienne.

«Repli tactique»

«La meilleure réponse était d'opérer un repli tactique», a ajouté le colonel Ahmad Bani. Ce dernier a nié catégoriquement que des éléments d'Al-Qaïda se trouvent dans les rangs des rebelles, comme l'a laissé entendre un chef militaire de l'Otan.

Les rebelles réclamaient à cor et à cri la reprise des frappes aériennes internationales sur la route de Syrte, ville natale du colonel Kadhafi. Au douzième jour de l'intervention, le cap des 2000 sorties aériennes a été franchi mercredi, dont 60% par des avions américains, selon le Pentagone.

(afp)

L'un des fils Kadhafi a visité l'école des officiers de l'Air Force

Khamis Kadhafi, un fils du leader libyen Mouammar Kadhafi, s'est rendu début février aux Etats-Unis où il a visité l'école des officiers de l'armée de l'Air américaine, moins de 10 jours avant le début de l'insurrection, a-t-on appris mercredi de l'Air Force Academy.

Khamis Kadhafi, un militaire 27 ans qui est à la tête de la 32e brigade, l'unité la mieux équipée des forces libyennes, s'est rendu le 7 février pour une visite d'une journée à l'académie de Colorado Springs (Colorado, ouest) où sont formés les officiers appelés à devenir les futurs pilotes de l'armée de l'Air américaine, a affirmé à l'AFP John Van Winkle, porte-parole de l'école.

Cette visite, à laquelle quatre autres personnes ont pris part, s'est déroulée dans le cadre d'un stage qu'il effectuait auprès d'une société baptisée ECOM, selon M. Van Winkle.

«Ils ont effectué la visite standard que font des centaines de dignitaires tout au long de l'année qu'ils soient américains ou étrangers», a-t-il estimé.

Sa visite n'avait «rien de secret» et son identité était connue, a-il ajouté.

«Si le département d'Etat autorise une personne à venir aux Etats-Unis alors il est de notre devoir de lui apporter notre soutien tant que nous ne compromettons pas la sécurité» des installations, a expliqué M. Van Winkle.

A son arrivée aux Etats-Unis, le fils Kadhafi avait été accueilli par un fonctionnaire du ministère des Affaires étrangères pour des raisons protocolaires, a reconnu Mark Toner, porte-parole du département d'Etat.

«C'était vraiment toute l'étendue de notre implication» dans cette visite, a-t-il déclaré.

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