Actualisé 25.01.2013 à 21:32

Maison BlancheDenis McDonough nommé secrétaire général

Le président Barack Obama a nommé vendredi Denis McDonough, un collaborateur de longue date, au poste stratégique de secrétaire général de la Maison Blanche.

Denis McDonough était le conseiller de Barack Obama au cours de sa première campagne présidentielle.

Denis McDonough était le conseiller de Barack Obama au cours de sa première campagne présidentielle.

«Denis, vous n'êtes pas seulement l'un de mes amis les plus proches, mais aussi l'un de mes conseillers les plus proches. Je ne peux pas imaginer la Maison Blanche sans vous», a déclaré M. Obama lors d'une allocution dans la salle d'apparat de la résidence exécutive, M. McDonough et le titulaire sortant du poste, Jack Lew, à ses côtés.

«Merci d'avoir accepté ce poste très, très difficile, comme Jack pourra en témoigner. Je sais que vous me direz toujours les choses clairement, comme seul un ami peut le faire: me dire non seulement ce que je veux entendre, mais aussi ce que je dois entendre pour prendre les meilleures décisions possibles au nom des Américains», a ajouté le président.

Rôle crucial

M. McDonough, 43 ans, «est l'un des conseillers les plus proches du président (...) depuis près d'une décennie, remontant à l'époque où il a aidé à mettre en place l'équipe du bureau du sénateur Obama», fin 2004 et début 2005, a précisé le responsable.

Numéro deux derrière Tom Donilon du Conseil de sécurité nationale (NSC), le cabinet de politique étrangère de la Maison Blanche, M. McDonough «a joué un rôle crucial dans toutes les décisions importantes relatives à la sécurité, de la fin de la guerre en Irak au repli en Afghanistan au catastrophes naturelles en Haïti et au Japon» en passant par l'abrogation de la loi obligeant les homosexuels à taire leur orientation pour servir dans l'armée, a remarqué le responsable.

Collaborateur le plus proche

Le secrétaire général est traditionnellement le collaborateur le plus proche du président, et règne sur l'aile ouest de la Maison Blanche, centre nerveux de l'exécutif américain.

Contrairement aux postes ministériels, celui de secrétaire général n'est pas soumis à un vote de confirmation du Sénat. M. McDonough, qui faisait figure de favori à ce poste depuis des semaines, pourra donc prendre rapidement ses fonctions.

M. McDonough sera le quatrième titulaire de ce poste prestigieux sous la présidence de M. Obama, après Rahm Emanuel, William Daley et M. Lew. Un autre proche collaborateur de M. Obama, Pete Rouse, avait assuré un court intérim entre MM. Emanuel et Daley.

Conseiller de campagne

D'allure ascétique, M. McDonough, notamment diplômé de la haute école des Affaires étrangères de l'université de Georgetown, avait été le principal conseiller de M. Obama en matière de politique étrangère pendant la campagne de 2007-2008.

En qualité de numéro deux du NSC, il a aussi été associé de près au raid de 2011 contre Oussama ben Laden. Il figure d'ailleurs sur la célèbre photo prise dans la salle de crise de la Maison Blanche lors de cette opération, derrière la secrétaire d'Etat Hillary Clinton.

Avec cette nomination, M. Obama poursuit le remaniement, entrepris depuis décembre, de son gouvernement et de son équipe rapprochée pour son second mandat. Il a déjà nommé John Kerry pour remplacer Mme Clinton, l'ancien sénateur républicain Chuck Hagel au Pentagone, M. Lew au Trésor et un autre de ses proches collaborateurs, John Brennan, pour diriger la CIA.

Tony Blinken au NSC

Au NSC, M. McDonough sera remplacé par Tony Blinken, un vétéran de la présidence de Bill Clinton jusqu'ici conseiller du vice-président Joe Biden. Si M. Brennan obtient le feu vert du Sénat pour la CIA, son poste de conseiller pour l'antiterrorisme sera occupé par Lisa Monaco.

En outre, Dan Pfeiffer, jusqu'ici directeur de la communication de la Maison Blanche, est promu au poste de conseiller du président, et sera remplacé par Jennifer Palmieri.

Geithner s'en va

Timothy Geithner quitte ses fonctions vendredi après quatre ans à la tête du Trésor des Etats-Unis. S'il a transformé en succès le sauvetage de la finance, il laisse derrière lui une économie américaine au milieu du gué et un certain nombre de promesses non tenues.

Lorsqu'il arrive à la tête du département du Trésor, le 26 janvier 2009 dans la foulée de l'élection de Barack Obama, l'économie américaine est en chute libre.

M. Geithner porte alors une part de responsabilité : à partir de fin 2003, il a dirigé l'antenne new-yorkaise de la banque centrale (Fed) pendant cinq années marquées par un aveuglement sur les risques que prenaient les grands établissements financiers. Mais il a été ensuite l'un des principaux artisans de la réponse du gouvernement à la crise.

A l'été 2009, la descente de l'économie vers l'abîme est enrayée. La reprise s'installe, cahotante et trop faible pour faire baisser rapidement le chômage: trois ans et demi plus tard, le pays n'a regagné officiellement que 64% des quelque 11,8 millions d'emplois emportés par la dernière récession.

M. Geithner, qui a passé pratiquement toute sa carrière dans la fonction publique, a estimé la semaine dernière lors d'une cérémonie de départ que le plan mis en oeuvre par les autorités «était meilleur qu'aucun autre et que toutes les possibilités qui s'offraient» à l'époque.

Le 75e secrétaire au Trésor des Etats-Unis, qui a encaissé docilement pendant quatre ans les coups venant de la droite et de la gauche, a aussi transformé en succès le plan de sauvetage de la finance à moitié ficelé dont il avait hérité du gouvernement républicain sortant.

Ce monstre hybride, qui s'annonçait au départ comme un gouffre comptable, ne devrait finalement coûter qu'une quarantaine de milliards de dollars aux contribuables américains, selon les dernières estimations du Trésor. A ce prix, il aura permis d'empêcher l'effondrement du système financier et de sauver le secteur automobile américain.

Bourse réformée

Autre point à son actif : la loi de réforme de Wall Street promulguée en 2010, dont il a été l'un des principaux défenseurs.

Ce texte étend ou renforce le contrôle des autorités sur des pans entiers de la finance, mais plusieurs responsables de la Fed estiment qu'il ne résout pas le problème du gigantisme des plus grandes banques du pays, qui ne cessent de grandir.

Une des critiques les plus entendues à propos de M. Geithner est d'ailleurs la connivence qu'il entretiendrait avec Wall Street.

Le ministre de l'Economie et des Finances sortant a en effet enterré discrètement la proposition présidentielle de taxer les plus grandes banques, il a aussi contribué à amoindrir la portée de la réglementation dite Volcker contre la spéculation bancaire.

Mais pour Noam Scheiber, journaliste à «The New Republic», «le problème dans la relation de Geithner au secteur financier est davantage de l'ordre de la tutelle intellectuelle que de la corruption», et le ministre est connu pour n'avoir pas mâché ses mots vis-à-vis des excès de la finance.

Deux échecs

Outre la taxe sur les banques, M. Geithner laisse derrière lui deux grandes promesses non tenues: celles de réformer l'impôt sur les sociétés et le marché du financement du logement.

Il quitte aussi le ministère sans avoir trouvé avec les républicains un accord sur les moyens de faire baisser l'endettement des Etats-Unis, qui a considérablement augmenté en quatre ans.

La tâche reviendra à son successeur, Jacob Lew, qui passe pour être davantage un homme de consensus.

M. Geithner n'a pour l'instant d'autre projet que de rentrer à New York profiter de sa famille. En attendant que M. Lew ne soit confirmé dans ses fonctions par le Sénat, c'est le secrétaire au Trésor adjoint, Neal Wolin, qui assure l'intérim. (afp)

Des nominations d'Obama jugées inconstitutionnelles

Une cour d'appel fédérale a jugé inconstitutionnelles vendredi des nominations par décret que Barack Obama avait passées en force il y a un an lorsque le Sénat était hors session, signant un revers pour le président américain face aux républicains du Congrès.

La cour d'appel de Washington a jugé «invalides» trois nominations par décret au Bureau des relations du travail (NLRB), un organisme décrié par les républicains, que la Maison Blanche avait décidées le 4 janvier 2012, alors que les sénateurs ne siégaient pas.

Le président Obama avait annoncé le même jour la nomination de Richard Cordray, un démocrate, à la tête du nouveau Bureau de protection financière des consommateurs (CFPB), que les républicains du Sénat avaient bloquée depuis plusieurs mois.

Ce passage en force avait déclenché la fureur des républicains, qui avaient accusé M. Obama de «fouler aux pieds» la Constitution, estimant que le Congrès n'était en fait pas en vacances, seul moment où des nominations par décret sont possibles. Pour contrer de telles nominations, ils avaient en effet organisé des sessions formelles de leur assemblée.

L'arrêt de la Cour d'appel ne vise pas la nomination de M. Cordray, qui a fait l'objet d'un recours séparé.

Mais il considère que les «vacances (parlementaires) sont limitées aux suspensions entre les sessions» et que «considérant le texte, l'histoire et la structure de la Constitution, ces nominations étaient invalides depuis le commencement».

La Maison Blanche, pour qui ce jugement constitue un revers, l'a qualifié de «sans précédent». «Il contredit 150 ans de pratiques d'administrations démocrates ou républicaines», a assuré le porte-parole du président Barack Obama, Jay Carney.

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