Tennis: Denis Shapovalov, 18 ans et déjà les nerfs d'un grand
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TennisDenis Shapovalov, 18 ans et déjà les nerfs d'un grand

Promu vedette du Super Monday des Swiss Indoors, Shapovalov a prouvé contre Sugita qu'il savait tenir son rang (4-6 6-2 7-6). Prometteur.

par
Mathieu Aeschmann

S'il manquait une preuve du changement de statut de Denis Shapovalov, elle est venue ce week-end de Roger Brennwald. Emprunté face au forfait de Rafael Nadal, le patron des Swiss Indoors n'a pas hésité longtemps avant de lui confier le prime time de son Super Monday. Il faut dire que ce gamin de 18 ans possède quelque chose en plus. Tombeur de Nadal, Kyrgios et Tsonga au fil d'un superbe été, il vient d'entrer dans le Top 50 (ATP 49) avec quatre mois d'avance sur les temps de passage de Roger Federer. Le clin d'œil valait bien un tapis rouge.

Seulement voilà, s'inviter au festin est beaucoup plus facile que de le préparer. Et devant un central chauffé à blanc, le Canadien a d'abord fait son âge. Face au tennis sérieux de Yuichi Sugita, ses jambes ne moulinaient pas assez vite et son regard fuyait trop souvent vers sa mère Tessa et son coach Martin Laurendeau (4-6). «J'ai encore beaucoup de boulot pour atteindre les buts que je me suis fixés», admettait-il sans détour. C'est vrai. Mais quand on arrive à gagner des matches mal engagés, le travail devient plus facile.

Meilleur au service, très offensif au meilleur moment, le Canadien a même verrouillé le tie-break décisif à la manière d'un vieux briscard. Une preuve de plus que le gamin n'a pas de limite. «Pour 2018, je ne me suis pas fixé d'objectif, nous confiait-il vendredi. Mais j'ai des rêves: devenir No 1 mondial et remporter des tournois du Grand Chelem.» Sur ce qu'il montre depuis quatre mois, Denis peut rêver en grand. Quant à Roger Brennwald, il a gagné son pari.

«Ces jeunes loups sont dangereux, car ils jouent sans schéma»

Roger Federer part ce soir à la conquête de son huitième titre dans «sa maison» des Swiss Indoors. «Je veux gagner Bâle parce que c'est Bâle et Londres parce que c'est le Masters», a-t-il confié dimanche. La formule a le mérite de poser à plat ses derniers objectifs d'une saison d'ores et déjà exceptionnelle. Faut-il dès lors considérer le «Maître» comme le grandissime favori de son tournoi? Personne n'en doute. «Mais ce premier tour contre Tiafoe peut être compliqué, a-t-il tempéré. Ces jeunes loups sont dangereux, car ils jouent sans schéma. Ce sera intéressant.» Comme à New York où Tiafoe l'avait poussé à la limite des cinq sets?

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