Actualisé 10.01.2012 à 19:49

Prothèses mammairesDénonciation pénale à Genève contre PIP

L'association genevoise «Victimes du 95 C» demande au procureur général de Genève d'ouvrir une procédure pénale contre la société PIP. Une dénonciation pénale a été envoyée mardi au Parquet.

Selon Christian Grobet, l'avocat de l'association, le fabricant français Poly Implant Prothèse (PIP) a mis la vie de milliers de femmes en danger en commercialisant des produits peu fiables, remplis d'un gel «artisanal» de mauvaise qualité et bien meilleur marché que celui normalement utilisé pour ce type d'implants.

Certaines de ces prothèses se sont fissurées provoquant des réactions inflammatoires chez les patientes. Pour l'association «Victimes du 95 C», les dirigeants de l'entreprise PIP ont été motivés uniquement par l'appât du gain. Les responsables de la société ont agi sciemment et sans scrupules.

La dénonciation de l'association «Victimes du 95 C» vise également toute personne domiciliée en Suisse qui serait concernée par rapport à ces prothèses mammaires, notamment les organismes ayant validé ces prothèses «empoisonnées» dans la durée et les ayant traitées, écrit M.Grobet dans sa lettre au procureur général.

L'association «Victimes du 95 C», représentée par la conseillère municipale de la Ville de Genève et militante d'extrême gauche Salika Wenger, demande aussi au Ministère public genevois d'interdire toute utilisation des prothèses mammaires controversées et de les séquestrer.

Plainte envisagée par des Sudaméricaines

Les conséquences du scandale touchent des milliers de femmes dans le monde entier. Un millier de Vénézuéliennes et d'Argentines veulent attaquer la société PIP en justice en France, a indiqué à l'AFP leur avocat.

Me Ari Alimi représente un groupement de 500 victimes argentines et une association regroupant autant de femmes vénézuéliennes. D'autres victimes potentielles, notamment au Brésil et en Colombie, pourraient se joindre à l'action en justice en cours pour homicide et blessures involontaires ouverte à Marseille.

Ces plaintes s'ajouteront aux quelque 2500 déjà reçues à Marseille en fin de semaine dernière. Me Alimi a précisé qu'il enverrait cette semaine à la juge d'instruction la lettre où Argentines et Vénézuéliennes se portent partie civile.

Le gouvernement semi-autonome du Pays de Galles a annoncé mardi la prise en charge du remplacement des implants mammaires de mauvaise qualité PIP pour les femmes qui ont été opérées dans le privé.

La semaine dernière, les autorités britanniques avaient décidé que seules les femmes opérées dans les hôpitaux publics, généralement pour des reconstructions mammaires à la suite d'un cancer du sein, pouvaient bénéficier d'un retrait et d'un remplacement gratuits de leurs implants. Mais le Pays de Galles, région britannique qui a des prérogatives notamment en matière de santé, a annoncé mardi qu'il irait plus loin.

L'entreprise PIP produisait jusqu'à 100.000 prothèses par an, dont 84% partaient à l'exportation, notamment en Amérique latine, en Espagne, en Grande-Bretagne et en Russie. Environ 300'000 femmes seraient porteuses d'implants PIP dans le monde.

L'association «Victimes du 95 C», représentée par la conseillère municipale de la Ville de Genève et militante d'extrême gauche Salika Wenger, demande aussi au Ministère public genevois d'interdire toute utilisation des prothèses mammaires controversées et de les séquestrer.

(ats/afp)

Le Brésil va recenser toutes les femmes porteuses de prothèses mammaires

Le Brésil va recenser cette semaine les femmes porteuses de prothèses mammaires, ce qui permettra d'identifier la marque du silicone et la raison de l'implant ou de son retrait, a déclaré mardi à l'AFP le président de la Société brésilienne de chirurgie plastique (SBCP).

Néanmoins, le président des chirurgiens plastiques, José Horacio Aboudib, a affirmé que cette mesure était sans rapport avec l'affaire des implants défectueux de la société française PIP, qui a conduit le gouvernement français à recommander leur retrait.

«Nous avions décidé de faire cette liste il y a deux ans. Si, dans dix ans, survient un problème similaire à celui des implants PIP, nous saurons quel modèle et quel lot était défectueux et nous pourrons agir», a-t-il précisé. Il a estimé que les femmes ayant reçu des prothèses PIP «ne devaient pas paniquer mais voir leur médecin pour faire une évaluation».

«Tous les implants vont se rompre un jour. La question est de savoir quand et quelle est la nécessité de retrait», a ajouté le président de la SBCP, la deuxième plus importante au monde -derrière les Etats-Unis- avec cinq mille chirurgiens.

PIP, un temps le numéro trois mondial des prothèses mammaires, est soupçonné d'avoir eu recours de manière frauduleuse à un gel de mauvaise qualité pour fabriquer ses implants. Ce gel, dix fois moins coûteux que le gel conforme, entraîne des risques accrus de rupture de l'enveloppe de la prothèse.

Ces prothèses étaient vendues dans de nombreux pays, parfois sous une autre marque comme les M-Implants diffusés par la société néerlandaise Rofil, et entre 400'000 et 500'000 femmes seraient concernées dans le monde.

L'Agence nationale sanitaire brésilienne (Anvisa) a déclaré à l'AFP mardi avoir reçu des plaintes de porteuses de M-Implants. Mercredi, une réunion aura lieu entre l'Anvisa et les chirurgiens plastiques brésiliens pour évaluer les mesures à prendre. En décembre, les autorités sanitaires brésiliennes avaient recommandé aux porteuses d'implants PIP de consulter leur médecin.

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