Genève : Densification de Cointrin: réel besoin ou aberration?
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Genève Densification de Cointrin: réel besoin ou aberration?

Les Genevois se prononcent le 9 février sur le déclassement de zones villas près de l'aéroport pour densifier le logement.

par
Léonard Boissonnas
Lopération se réaliserait au fur et à mesure de la vente des villas.

Lopération se réaliserait au fur et à mesure de la vente des villas.

leo

«Priorité fondamentale» pour les uns, projet «irresponsable» pour les autres. Le peuple est appelé à voter sur le déclassement de deux secteurs situés à Cointrin, de part et d'autre de l'avenue Louis-Casaï, actuellement occupés par des villas. L'État y prévoit la construction «progressive» de 2300 logements à l'horizon 2050. Quelque 800 emplois ­seraient aussi créés.

Une forte demande

Pour ses partisans, le déclassement «répond à un besoin avéré de logements», tout en épargnant la zone agricole comme l'exige la Confédération, estime Nicole Valiquer Grecuccio, députée socialiste. La demande est dix fois supérieure à l'offre, selon les tenants du projet. Ceux-ci pointent comme atouts des habitations variées (locatifs, logements subventionnés, propriétés par étages, coopératives), des loyers attractifs ou des espaces végétalisés.

«Densification effrénée»

Les opposants, dont des ­associations de riverains, ­dénoncent une «densification effrénée», qui privera le secteur d'un poumon de verdure: «Les îlots de chaleur augmenteront», craint Jean Hertzschuch, de l'association Sauvegarde Genève. Surtout, les détracteurs du projet s'inquiètent de son emplacement: «Ne construisons pas la ville à côté de l'aéroport, assène Patrick Canellini, président du comité référendaire. Veut-on habiter là où bruit et pollution sont excessivement présents?»

«Il faut combattre le bruit, pas le logement», répond le promoteur immobilier Benjamin Lavizzari. Les immeubles construits aujourd'hui sont mieux protégés techniquement, assure-t-il, et les nuisances de l'aéroport, comme celui-ci s'y est engagé auprès du Canton, vont baisser. Ce dont les opposants doutent: «On va amener les gens à l'hôpital.»

Partis divisés

Les déclassements des deux zones ont été approuvés par le Grand Conseil en avril 2019, à l'exception de l'UDC et du MCG. Un référendum contre le projet, lancé par des riverains, des défenseurs du patrimoine et des propriétaires, avait récolté quelque 18'000 signatures. Pour le vote du 9 février, le Parti socialiste, les démocrates-chrétiens, Ensemble à Gauche notamment invitent à dire oui. UDC, MCG et PLR prônent le non. Les Verts, divisés, n'ont pas donné de consigne. Les milieux de l'immobilier, le Groupement des coopératives d'habitations genevoises, AgriGenève et la Chambre de commerce, d'industrie et de services de Genève font partie des soutiens.

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