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FranceDepardieu soutient un ex-ténor socialiste controversé

Un ancien ténor du Parti socialiste français, au centre d'une controverse pour des propos ambigus accusés d'entretenir l'antisémitisme, s'est prévalu dimanche de l'appui de l'acteur Gérard Depardieu, dont il a diffusé une lettre de soutien.

Georges Frêche, 72 ans, influent président de la région Languedoc-Roussillon, dans le sud de la France, a été exclu du Parti socialiste en 2007 pour des dérapages verbaux à consonance raciste. Mais il bénéficiait jusqu'à présent du soutien tacite de son ancien parti, qui n'avait annoncé aucune liste concurrente à la sienne aux élections régionales des 14 et 21 mars prochains.

Après un nouveau dérapage de M. Frêche, la première secrétaire du PS, Martine Aubry, a déclaré jeudi qu'elle allait proposer d'investir la maire socialiste de Montpellier à la tête d'une liste alternative.

«Je suis loin de la politique (...) mais Georges Frêche est bien plus vrai et bien plus sympathique que Martine Aubry et compagnie !», écrit Gérard Depardieu dans une lettre envoyée dimanche à M. Frêche et transmise à l'AFP par une porte-parole de ce dernier. «Qu'on lui foute la paix, il a grandement fait pour la région Languedoc-Roussillon et Montpellier, qu'on le laisse poursuivre sa tâche», ajoute l'acteur.

Dans une interview à l'hebdomadaire L'Express paru jeudi, M. Frêche a déclaré, en parlant de l'ex-Premier ministre socialiste Laurent Fabius, d'origine juive : «Voter pour ce mec en Haute-Normandie (nord-ouest) me poserait un problème : il a une tronche pas catholique».

Ces propos, où beaucoup ont perçu une connotation antisémite, ont suscité un tollé dans la classe politique française. M. Frêche, un habitué des provocations, s'est pour sa part défendu de tout antisémitisme.

Dans une interview au quotidien Le Parisien paru dimanche, Richard Prasquier, président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), a déclaré : «Je sais que Frêche n'est pas un antisémite, mais je crains que cette phrase ne réveille des stéréotypes antisémites». «Frêche, c'est Frêche ! Mais la responsabilité d'un homme politique est de penser aux conséquences de ses paroles», a souligné M. Prasquier. (afp)

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