Canton de Fribourg: Départ de la directrice de l'Hôpital fribourgeois
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Canton de FribourgDépart de la directrice de l'Hôpital fribourgeois

D'un commun accord avec l'établissement hospitalier, Claudia Käch va quitter ses fonctions dirigeantes. Elle était en place depuis 2014.

L'Hôpital fribourgeois vit actuellement une période mouvementée, avec des finances dans le rouge. (Mercredi 21 février 2018)

L'Hôpital fribourgeois vit actuellement une période mouvementée, avec des finances dans le rouge. (Mercredi 21 février 2018)

Keystone

L'Hôpital fribourgeois (HFR) n'est plus dirigé par Claudia Käch. C'est l'une des mesures immédiates prises après les résultats de l'audit externe au sujet de la gouvernance de l'HFR.

Le conseil d'administration a conclu avec elle «une formule d'entente confidentielle». L'intérim jusqu'à la nomination d'un successeur est assuré par Marc Devaud, chef des systèmes d'information et projets.

Le rapport d'audit confirme «un certain isolement» de la directrice, qui n'avait plus le soutien suffisant pour relever les défis auxquels est confronté l'HFR, a dit mercredi devant la presse le président du conseil d'administration Philippe Menoud.

Autoritaire et solitaire

De fait, l'institution vit une période mouvementée. Depuis l'arrivée de Claudia Käch en 2014, il y a eu une succession de départs parmi les cadres. De plus, les finances sont dans le rouge foncé. Le budget 2018 prévoit une perte de 21,3 millions de francs.

L'audit fait de septembre à décembre 2017 est basé sur 45 entretiens avec divers acteurs et l'examen d'une centaine de documents. Verdict: la directrice n'avait plus que le soutien d'une petite minorité du conseil de direction et d'une très petite minorité des médecins-chefs.

De nombreuses critiques visent son «style de conduite autoritaire et dominant», lit-on dans le résumé du rapport. Son manque de concertation et ses décisions prises en solitaire sont aussi pointés du doigt.

En plus du problème lié à la directrice, les auteurs du rapport (la société triaspect) relèvent une série d'autres difficultés. Il n'y a pas de problème en matière de sécurité médicale, a tenu à rassurer Philippe Menoud.

Réduire les strates

Mais il y a nécessité de réformer et simplifier les structures de gouvernance. «Il faut sans doute réduire le nombre de strates» et rapprocher les décideurs des exécutants, résume M. Menoud. Cela peut passer notamment par une réduction du nombre d'administrateurs (17 actuellement), et un repositionnement du bureau du conseil.

Il faudra aussi examiner la composition du conseil d'administration, et envisager un retrait de la conseillère d'Etat en charge de la santé Anne-Claude Demierre. La majorité des sondés lors de l'audit ont critiqué les conflits d'intérêts que cela peut générer.

«C'est difficile de trouver un juste équilibre» entre les deux fonctions, a confirmé Anne-Claude Demierre devant la presse. Le Conseil d'Etat et le Grand Conseil doivent donc se pencher à nouveau sur cette question. Cela passerait par une modification de la loi.

Mieux communiquer

Quant à la stratégie de l'HFR en elle-même: il ne s'agit pas de la changer - ce qui doit être centralisé doit l'être - mais de mieux arriver à la faire comprendre, a dit M. Menoud. Les experts constatent que «la perception de cette stratégie est floue, pas suffisamment appuyée de notre part, non seulement auprès de la population mais aussi auprès des collaborateurs».

Enfin, un groupe de travail a été formé, avec des «gens de terrain» de l'HFR et des représentants de la Direction cantonale de la santé. Il fournira des résultats avant la fin du premier semestre. Il est dirigé par Philipp Müller, nouveau membre du conseil d'administration et ex-directeur administratif et financier du CHUV.

Président aussi visé

Le départ de la directrice ne suffit pas, avertissent les syndicats. C'est un premier pas nécessaire, mais qui ne résoudra pas tous les problèmes, réagit le Syndicat des services publics (SSP).

«Il est toujours facile de faire sauter un fusible, mais on aimerait savoir qui pilote cet hôpital», dit la Fédération des associations du personnel du service public (FEDE). Les syndicats jugent que M. Menoud a aussi une responsabilité dans les problèmes de gouvernance.

«S'il est souhaité et souhaitable que je remette mon mandat, je le ferai demain», a rétorqué Philippe Menoud. Mais à l'heure actuelle, «ce n'est pas ma personne qui est importante: ce sont les patients et l'avenir de l'HFR qui sont importants». (nxp/ats)

La directrice Claudia Käch

(NewsXpress)

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