Actualisé 25.01.2013 à 18:35

Réfugiés syriensDépassée, la Jordanie appelle à l'aide

Submergée par l'afflux de réfugiés comme l'ensemble des voisins de la Syrie, la Jordanie a appelé à l'aide.

S'exprimant à Davos, le roi Abadallah II a exclu une chute de Bachar al-Assad ces prochains mois, alors que la population civile doit affronter des conditions toujours plus infernales. Le nombre de réfugiés syriens a atteint quelque 300'000 personnes en Jordanie, a annoncé Abdallah. Il a lancé un appel au secours à la communauté internationale.

Le régime a encore «beaucoup de capacités et de réserves», a affirmé le roi au Forum économique mondial (WEF). Pour la première fois, la prolongation du conflit provoque des inquiétudes sur la division du pays en plusieurs groupes, a souligné Abdallah. Mais il faut déjà tenter de préparer un pacte pour une transition.

Autre problème, l'afflux de combattants radicaux en Syrie ne pourra selon lui pas être résolu avant «2 ou 3 ans». Il faut aussi gérer la situation humanitaire pour éviter qu'elle renforce le nombre d'extrémistes.

Nombreuses femmes

Présent en Jordanie, le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a appuyé depuis Genève l'appel à l'aide d'Amman. Depuis le 1er janvier, un total de 30'000 Syriens sont arrivés dans le pays, a indiqué sa porte-parole Melissa Fleming. «C'est un afflux absolument dramatique. La plupart viennent de la région de Deraa, proche de la frontière», a-t-elle précisé

Les nouveaux réfugiés, dont beaucoup de femmes cheffes de famille et de personnes âgées, ont expliqué qu'ils fuient non seulement les combats, mais aussi les destructions de leurs propriétés, la fermeture des centres de santé, la forte hausse des prix alimentaires et du carburant.

Plus de 30'000 autres personnes attendraient de passer la frontière jordanienne. Dans le nord de la Syrie, ils seraient plus de 25'000 à attendre de passer la frontière turque. Au total, le HCR a enregistré près de 700'000 réfugiés syriens dans les pays voisins.

Infrastructures détruites

La Turquie compte déjà quinze camps de réfugiés et cinq autres sont en construction. Mais les nouvelles installations se remplissent aussi vite qu'elles ouvrent, souligne-t-on à Ankara.

«Ce que nous observons en Syrie, c'est un pays dont les infrastructures sont systématiquement détruites, où des familles vivent à vingt dans une pièce (...) où l'accès à l'eau potable, à la nourriture et aux soins est un combat de plus en plus ardu», explique le directeur de l'Unicef pour les programmes d'urgence, Ted Chaïban.

Assaut sur Homs

Et la violence ne faiblit pas. L'armée a relancé son offensive contre des bastions rebelles de la ville de Homs, dans le centre du pays, dépêchant des milliers de miliciens pro-gouvernementaux pour tenter de sécuriser un passage pour ses forces, a-t-on appris auprès de l'opposition.

Quelque 15'000 civils sunnites sont pris au piège à la périphérie sud et ouest de l'agglomération, à proximité de l'intersection des grands axes nord-sud et est-ouest, cruciaux pour permettre aux forces fidèles au régime de se rendre de Damas à la côte méditerranéenne.

Selon l'opposition, bombardements et raids aériens ont fait au moins 120 victimes parmi les civils et 30 morts chez les insurgés depuis dimanche. Ces sources précisent que des miliciens «chabiha» ont tué une centaine d'hommes, de femmes et d'enfants de confession sunnite lorsqu'ils se sont emparés il y a dix jours d'un secteur des environs.

Attentat à la voiture piégée

Homs est au coeur du soulèvement armé contre le régime, lequel s'appuie sur la communauté alaouite dont sont issus le chef de l'Etat et son clan familial.

Par ailleurs, un attentat à la voiture piégée a tué huit membres des services syriens de renseignements dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Celui-ci a attribué l'attentat au Front al Nosra, considéré comme une organisation terroriste par les Etats-Unis.

La guerre n'épargne désormais aucune région, mais les combats se cristallisent autour de la capitale, dont les habitants vivent au rythme des bombardements de l'artillerie et de l'aviation gouvernementales sur les zones en main rebelle. (ats)

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