Genève – Déplacé, le directeur adjoint de Champ-Dollon fait recours

Publié

GenèveDéplacé, le directeur adjoint de Champ-Dollon fait recours

En vue de l’arrivée du nouveau directeur de la prison genevoise lundi, des permutations ont lieu à la tête de trois établissements pénitentiaires. Le directeur adjoint de Champ-Dollon s’y oppose.

par
Léonard Boissonnas
Une nouvelle direction reprendra lundi la tête de Champ-Dollon.

Une nouvelle direction reprendra lundi la tête de Champ-Dollon.

TDG/L.Guiraud

Le nouveau directeur de la prison de Champ-Dollon (GE), Claude Bettex, dont la nomination a été annoncée la semaine passée, va prendre ses fonctions lundi. Afin «de créer des conditions favorables» à son arrivée, le conseiller d’Etat Mauro Poggia, chargé de la Sécurité, a «souhaité faire procéder à certaines permutations entre directrices adjointes et directeurs adjoints de trois établissements», annonçait mercredi une communication aux collaborateurs de l’Office cantonal de la détention.

Ainsi, l’actuel directeur adjoint de La Brenaz prêtera main-forte au nouveau directeur en occupant dès lundi temporairement le poste de directeur adjoint de Champ-Dollon, tandis que l’actuelle directrice adjointe de Favra assurera le poste de directrice adjointe de La Brenaz ad interim.

«Jeu des chaises musicales incompréhensible»

De son côté, l’actuel directeur adjoint de Champ-Dollon sera temporairement détaché au poste de directeur adjoint de Favra. Mesure à laquelle il s’oppose. Son avocat, Me Romain Jordan, indique avoir déposé un recours qui «déploie un effet suspensif et bloque ce jeu des chaises musicales incompréhensible»: «Les directeurs d’une prison ne sont pas des pions, s’offusque l’homme de loi. Modifier la direction de trois prisons pour ne pas avoir à traiter la grave situation de la direction générale de l’office est surprenant.»

Quant au déplacement de son client, l’avocat y voit une forme de sanction: «C’est un peu comme si on cherchait à faire taire celui qui a osé, avec seize autres de ses collègues, dénoncer les problèmes, et sans qui rien ne se serait passé, souligne Me Jordan. Où en serait-on sans eux? Le magistrat oublie qu’avec le précieux concours du comité de direction de la prison, mon client a assuré en 3 ans près de 12 mois d’intérim dans la fonction de directeur, sans que la prison ne rencontre le moindre problème. Le sanctionner aujourd’hui est choquant.»

«Pas une sanction»

De son côté, Mauro Poggia relève que le directeur adjoint de Champ-Dollon, actuellement directeur ad interim, «s’est révélé incapable, ces dernières semaines, d’amorcer un processus de reprise du dialogue afin de répondre rapidement aux problématiques des agents de détention qui sont au front, déclare le conseiller d’Etat. Non seulement il n’a pas formulé, avec l’aide du conseil de direction qu’il dirige, de proposition concrète de changement, mais il a cautionné la politique de la chaise vide au sein du groupe de travail que j’ai mis sur pied et à la première séance à laquelle j’ai participé.»

Le magistrat affirme qu’il ne peut légitimement laisser le nouveau directeur être épaulé par un adjoint, «qui a décidé de ne pas participer au dialogue». D’où son déplacement qui n’est «pas une sanction, contrairement à une suspension, mais une mesure organisationnelle interne» pour faciliter le changement pour le nouveau directeur. «En s’opposant et en recourant, il ne fait que démontrer qu’il a décidé de faire partie du problème et non de la solution, ce qui est paradoxal pour une personne qui prétend avoir à cœur l’intérêt de l’institution», conclut Mauro Poggia.

Climat tendu

En septembre dernier, l’ancien directeur de Champ-Dollon avait démissionné, après plusieurs mois de tensions avec le personnel. Celui-ci dénonçait le management et la mise en place de la réforme «Ambition». Depuis, un audit, commandé par le Conseil d’État, a effectivement mis en évidence une réforme menée à la va-vite.

Ton opinion

34 commentaires