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Révision de la LPPDépôt du référendum avec plus de 200 000 signatures

Le peuple aura le dernier mot sur la baisse des rentes du deuxième pilier.

Le référendum contre la révision de la loi sur la prévoyance professionnelle (LPP) a été déposé mercredi avec 204 952 signatures.

C'est par une chaîne humaine d'environ 150 personnes que les opposants, syndicats, journaux de consommateurs et partis de gauche en tête, ont remis les paraphes à la Chancellerie fédérale. Avec près de 205#000 signatures, il s'agit du troisième meilleur résultat pour un référendum facultatif.

«C'est plus que ce à quoi on s'attendait», a déclaré le président du parti socialiste Christian Levrat. «Le nombre de signatures traduit la colère de la population face à un soutien de l'Etat qui va vers les banques et les grandes entreprises. Ce référendum est un acte de légitime défense.»

Confiance pour la votation

«La prévoyance professionnelle est une assurance sociale. Ce n'est pas un business. Nous voulons garantir aux retraités une existence dans la dignité plutôt que des profits aux compagnies d'assurance», a insisté Rita Schiavi, membre du comité directeur d'Unia.

L'engouement pour ce référendum montre qu'une large part de la population juge une baisse des rentes inacceptable, indique le syndicat dans un communiqué. Il attend donc la votation avec confiance.

La réduction de 7 à 6,4% du taux de conversion du 2e pilier décidée par le parlement correspond à une baisse des rentes d'environ 10%. Cette révision a été décidée afin de pallier au fléchissement des rendements des caisses de pension et à la hausse de l'espérance de vie. Près de six établissements sur dix sont actuellement en découvert.

Démarche injustifiée

Le projet a rapidement suscité une large fronde. Une telle diminution signifierait que beaucoup de rentiers ne pourraient plus vivre leur retraite sans être dans le besoin, principe pourtant garanti par la constitution, fustigent ses adversaires.

Ils jugent par ailleurs la démarche injustifiée. Une baisse progressive du taux de conversion jusqu'en 2014 avait été décidée en 2003 lors de la première révision de la loi. Sa mise en oeuvre suit son cours et tient compte des tout derniers chiffres sur l'espérance de vie, relèvent-ils.

Les gérants de caisses de pension travaillent sur un horizon d'environ 20 ans, soulignent également les opposants. Il n'est donc pas normal de réduire les rentes en raison des mauvais rendements enregistrés l'an dernier. Et de rappeler que lors de périodes plus fastes, les sociétés d'assurance-vie avaient réalisé de juteux bénéfices grâce à la prévoyance vieillesse.

(ats)

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