Actualisé 11.08.2017 à 07:42

Suisse romandeDépouillé par une banque virtuelle basée au Bénin

Au moyen d'un site internet extrêmement bien conçu, des filous ciblent ceux qui cherchent un emprunt.

von
Christian Humbert
Difficile de flairer l'arnaque, tant les pages web de cette fausse banque sont bien faites.

Difficile de flairer l'arnaque, tant les pages web de cette fausse banque sont bien faites.

iStock / photomontage

Un Romand a été victime d'une arnaque de très haut vol. «Ce sont des Arsène Lupin 2.0 de classe mondiale. C'est de l'art», a commenté l'avocat spécialisé Sébastien Fanti, en découvrant le site d'une banque virtuelle, profinancialsa.com, particulièrement bien conçu. Sauf qu'on n'y trouve ni adresse, ni siège social et que les deux seuls numéros de contact sont des portables, un en France, l'autre au Bénin.

Ces banquiers plutôt discrets chassent aussi en Suisse, quand bien même ils n'ont aucun agrément de la Finma, l'autorité de surveillance des marchés. Ils travaillent avec des complices étrangers en Suisse et ciblent les demandes de crédit émanant de personnes n'ayant pas assez de fonds propres pour s'adresser à une banque locale.

Un commerçant romand voulait emprunter 300'000 fr. Non seulement il n'a jamais vu la couleur de cet argent mais il a versé 22'000 fr. sur un compte de la Raiffeisen à Martigny. Il raconte: «J'ai contacté cette banque virtuelle, qui ne m'a plus lâché depuis. Elle disait travailler avec des établissements français. J'ai eu contact avec plusieurs personnes, les échanges se sont faits de plus en plus pressants. Elles m'ont transmis de nombreux documents ayant une apparence officielle, ont exigé une assurance-vie pour garantir le prêt et ont réclamé des versements, pour les frais. Au final, je n'ai jamais reçu un franc. Je suis en train de monter un dossier avec d'autres victimes pour les attaquer.»

Intermédiaire en Suisse condamnée

L'argent du Romand a fini sur le compte d'une Française à Martigny (VS), tout comme celui de dizaines de personnes grugées qui pensaient acheter des objets via le site Anibis. Les sommes reçues étaient immédiatement retirées et virées au Bénin, ce qui a alerté les autorités. La Française, qui a disparu depuis, a écopé de 180 jours-amende avec sursis pour blanchiment. «L'échange d'objets vendus sur le web doit se faire de main à main», insiste le procureur Jean-Pierre Greter.

Frais payables d'avance: danger

Le procédé rappelle d'autres arnaques, comme ces loteries bidon où «l'heureux gagnant» d'une forte somme doit payer quelques centaines de francs avant de toucher son lot. Là, la fausse banque en ligne a réclamé à sa victime des frais de dossier et de transfert de fonds, ce qui paraît assez plausible. «Une fois démasqués, les arnaqueurs changent simplement le nom du site, qui garde le même contenu et les mêmes démarches», commente un spécialiste.

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