Tennis: Derby suisse en finale de Roland-Garros
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TennisDerby suisse en finale de Roland-Garros

A 18 ans et juste avant de basculer dans le monde professionnel, Leandro Riedi et Dominic Stricker s’offriront une consécration en Grand Chelem.

par
Christian Despont, Paris
Leandro Riedi et Dominic Stricker.

Leandro Riedi et Dominic Stricker.

KEYSTONE

Ils ont l’air calmes, très calmes. Si sûrs d’eux. «Avant le tournoi, je disais à tout le monde que ce serait cool d’avoir une finale suisse», rappelait Leandro Riedi, vainqueur hier du Hollandais Guy den Ouden 6-3 6-1. Ce garçon n’est ni sot ni tombé de la dernière bruine: après un stage hivernal dans le repaire de Roger Federer à Dubaï, il avait déjà remporté l’Open d’Australie en double, toujours coaché par Yves Allegro.

Casquette à l’envers et solide frappe de droitier, il a joué en contrôle, avec une volonté assez nette d’avancer, protégé par un service irréprochable (59% de points gagnés sur seconde balle). A aucun moment il n’a cédé le moindre pouce de terrain à l’échange, déterminé à tenir sa ligne et à se dresser fièrement contre toute tentative d’intimidation (en l'occurrence légères).

Puis il a pris son sac et il est parti enlacer Dominic Stricker, venu l'encourager dans les tribunes… Les deux jeunes suisses seront opposés dimanche en finale du tournoi juniors, après une semaine à jouer au yass en ligne (mesures Covid: interdiction de s’échanger des objets) et après avoir longuement partagé leurs états d’âme de bourlingueurs confinés.

Casquette à l’envers et puissante frappe de gaucher (qu’il a parfois un peu forcée), Dominic Stricker a démoli le pauvre argentin Juan Bautista Torres 6-0 5-7 6-0. Passé un moment d'égarement au deuxième set, conclu sur une double faute, le Bernois a roulé ses épaules de hockeyeur avec une assurance bluffante, tennis d’attaque façon puncheur, enchaînement de gauches-droites et de gifles en coup droit.

Dès lundi, Dominic Stricker entrera sur le circuit professionnel, chaperonné par Sven Swinnen et encadré par Swiss Tennis. Son père lui donne cinq ans pour s’autofinancer. Comme de nombreux juniors ou autres sans-grade, le Bernois vit avec le spectre du Covid: «Après l'annulation de Wimbledon, j’ai eu peur que Roland-Garros renonce à son tournoi juniors», a-t-il reconnu. C’est le défi majeur de cette classe d'âge qui, au stade de la post-formation, est maintenant placée devant la nécessité de gagner des matches et de l’argent.

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24 commentaires
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BallesNeuves

10.10.2020, 15:46

Les casquettes à l'envers dénotent clairement d'un manque de personnalité

Lulu

10.10.2020, 07:38

La relève arrive....bravo les gars !

On s en tape

09.10.2020, 18:57

Un Vaudois est mort,enfin rien à voir avec le Coronamachinchose