Actualisé 29.06.2020 à 20:43

George Floyd

Le procès fixé au 8 mars par un juge de Minneapolis

Les quatre policiers impliqués dans la mort de l’Afro-américain comparaissent lundi devant un tribunal pour la première audience de fond.

De gauche à droite, les 4  ex-officiers impliqués dans la mort de George Floyd: Derek Chauvin, Tou Thao, J. Alexander Kueng et Thomas Kiernan Lane.

De gauche à droite, les 4 ex-officiers impliqués dans la mort de George Floyd: Derek Chauvin, Tou Thao, J. Alexander Kueng et Thomas Kiernan Lane.

Prison du comté de Hennepin

L'ancien agent blanc Derek Chauvin, 44 ans, est entendu à partir de 17 heures 15 (GMT) par lien vidéo depuis la prison de haute sécurité où il est détenu. Il est inculpé de meurtre pour avoir asphyxié George Floyd, un homme noir de 46 ans, en s'agenouillant sur son cou pendant de longues minutes. Alexander Kueng, Thomas Lane et Tou Thao, poursuivis pour complicité de meurtre, devraient être présents en personne. Les deux premiers ont été remis en liberté conditionnelle contre le versement d'une caution de 750’000 dollars.

Lors de l'audience, l'avocat de Derek Chauvin s'est plaint que de nombreux responsables, dont le maire de Minneapolis ou même le président Donald Trump, aient commenté l'affaire. «C'est un dossier qui présente un grand intérêt public», a reconnu Me Eric Nelson, «mais si ces déclarations continuent je demanderai à la justice» de les interdire, a-t-il menacé.

Le juge Peter Cahill, qui avait interdit les caméras dans la salle d'audience, a lui aussi souhaité que l'affaire soit jugée au tribunal et non dans les médias. Sinon, il faudra dépayser le procès en dehors du comté de Hennepin, a-t-il déclaré. Le magistrat a fixé au 8 mars 2021 la date possible pour sa tenue. Celle-ci pourra toutefois être revue en fonction de l'avancée de la procédure.

Le procureur Matthew Frank a assuré vouloir lui aussi «un procès équitable» et s'est engagé à recommander à la famille, aux élus et aux enquêteurs en charge du dossier de s'abstenir de commenter le dossier publiquement à l'avenir. La prochaine audience a été fixée au 11 septembre.

«Je ne peux plus respirer»

Le 25 mai, les quatre hommes avaient voulu arrêter George Floyd soupçonné d'avoir tenté d'écouler un faux billet de 20 dollars dans un commerce de Minneapolis, dans le nord des Etats-Unis. Le quadragénaire, menotté, avait été plaqué au sol et l'agent Derek Chauvin avait appliqué son genou sur son cou pour l'y maintenir. «Je ne peux plus respirer», a supplié George Floyd à plusieurs reprises avant de perdre conscience. Malgré les interventions de passants, Derek Chauvin a continué à exercer sa pression.

Le drame, dont les images captées par une passante sont devenues virales, a suscité une vague de manifestations inédites depuis les grandes marches pour les droits civiques des années 1960, qui a même dépassé les frontières américaines.

Démanteler la police

La colère de la rue était montée rapidement car, dans un premier temps, la justice avait tardé à réagir. La police avait immédiatement licencié les quatre hommes mais le procureur local en charge du dossier n'avait arrêté Derek Chauvin que quatre jours après les faits et ne l'avait inculpé que pour «homicide involontaire», sans mettre en cause ses collègues.

Le dossier lui avait ensuite été retiré pour être directement confié aux services du procureur de l'Etat du Minnesota. Une autopsie avait alors confirmé que George Floyd était mort «par homicide» à cause «de la pression exercée sur son cou» et les charges retenues contre Derek Chauvin avait été requalifiées en «meurtre». Ses trois collègues avaient été arrêtés et inculpés à leur tour pour «complicité».

Malgré le soulagement de la famille, les manifestations ont continué dans tous les Etats-Unis.

Dans les cortèges se sont mêlés des appels à réformer la police, à mettre un terme aux inégalités entre les Américains noirs et blancs et à assumer le passé raciste et esclavagiste du pays.

Cette pression a porté de premiers fruits: plusieurs services de police ont renoncé aux «clés d'étranglement», d'autres se sont engagés à rendre public le passif de leurs agents ou encore à exclure les puissants syndicats des procédures disciplinaires. Le Conseil municipal de Minneapolis a même décidé de démanteler sa police pour réinventer de nouveaux services d'ordre.

Mais au niveau fédéral, les avancées sont plus timides. Le président républicain Donald Trump, en campagne pour sa réélection, a mis l'accent sur les débordements commis en marge des manifestations pour se poser en garant de «la loi et de l'ordre».

(AFP)

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