Dernier hommage à Katoucha Niane

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Dernier hommage à Katoucha Niane

Quelque deux cents personnes ont assisté vendredi à la Grande mosquée de Paris à l'hommage funèbre donné en la mémoire de l'ancien top model Katoucha Niane, retrouvée morte dans la Seine le 28 février à hauteur du pont du Garigliano.

Après qu'un maître de cérémonie a installé la famille, dont le père et la mère de la défunte, tous déchaussés et rassemblés assis sur un immense tapis persan, un officiant a introduit la cérémonie avec une sourate habituellement dite en cas de décès par accident.

Fait rare dans le rite funéraire musulman, l'ingréralité du Coran a ensuite été lu par une douzaine de récitants dont plusieurs imams venus de différentes mosquées de France. C'est une sourate «des morts» qui est traditionnellement récitée quarante-et-une fois, lors de la mise en terre, le passage par la mosquée étant une autre exception au rite, accordée à la demande expresse des parents.

De même, deux immenses gerbes de roses blanches et rouges trônaient sur un présentoir, l'une signée «Maison Saint Laurent», l'autre de la prestigieuse Chambre syndicale de la couture et des créateurs de mode, l'institution qui fédère la douzaine de griffes de haute couture parisienne.

«Les vagues de la Seine qui t'ont portée aux nues/Ondoient sur ton corps et te remettent à nu/Ainsi vogue la vie à l'incertain lendemain/Qui fonde la trame ailée de bien des desseins», pouvait-on lire dans un poème baptisé «Ode à Katoucha», écrit par un proche et dont chaque participant s'est vu remettre un exemplaire.

Plus réaliste, «Dans l'ivresse et les fards des soirées arrosées/ Tu noyais en secret des maux immérités», disait aussi ce texte en référence au problème d'addiction à l'alcool connu de tous et contre lequel Katoucha luttait depuis des années, en vain.

«Ma fille est aujourd'hui dans un monde meilleur, seul Dieu pourra juger ses actes», a confié en larmes à l'Associated Press, sa mère Mme Niane, soutenue par ses petits-enfants, Alexandre et Amina.

Plusieurs personnaités ont assisté à la cérémonie, tenant par leur présence à rendre un ultime hommage à celle qu'on surnommait la princesse peuhle. Parmi elles, Pierre Bergé, Naomi Campbell, Jean-Louis Scherrer, le coiffeur des célébrités Alexandre Zouari, l'égérie parisienne Loulou de la Falaise, mais aussi le «coach» de mannequins Vincent McDoom, le chanteur Stomy Bugsy, l'animateur Magloire Delcros, ou encore les amies de toujours de Katoucha, la princesse Esther Kamatari et Hermine de Clermont-Tonnerre.

En marge de cet hommage, la famille de l'ex-top model a porté plainte vendredi pour homicide volontaire auprès du doyen des juges d'instruction, a-t-on appris de source judiciaire. L'ancienne égérie d'Yves Saint Laurent avait disparu le 31 janvier après être rentrée à son domicile, une péniche amarrée près du Pont Alexandre III. Son sac à main avait été retrouvé sur le bateau. Selon les médecins légistes, l'ex-mannequin âgée de 47 ans est décédée «d'une submersion rapide sans trace de violence», ce qui pourrait confirmer l'hypothèse d'une chute accidentelle dans le fleuve. Son corps a été transféré à Conakry, sa ville natale en Guinée, en vue de son inhumation, a-t-on appris auprès de son entourage.

Katoucha avait été l'un des premiers mannequins noirs à défiler régulièrement à Paris, avant de devenir une star des podiums à l'international. Elle s'était également fait connaître pour son combat contre l'excision. (ap)

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