Négociations sur la Syrie: Dernier round «positif» de pourparlers à Genève
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Négociations sur la SyrieDernier round «positif» de pourparlers à Genève

Les pourparlers ont pris fin avec un bilan «plus positif» que lors du précédent round de discussions, estime l'opposition syrienne.

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Malgré la trêve humanitaire, les violences entre l'armée syrienne et les insurgés ont repris dans la Ghouta orientale. (Mercredi 28 février 2018)

Malgré la trêve humanitaire, les violences entre l'armée syrienne et les insurgés ont repris dans la Ghouta orientale. (Mercredi 28 février 2018)

AFP
Les Etats-Unis ont commencé à livrer des armes aux combattants kurdes contre l'EI dans le nord de la Syrie, au grand dam d'Ankara. (Mardi 30 mai 2017)

Les Etats-Unis ont commencé à livrer des armes aux combattants kurdes contre l'EI dans le nord de la Syrie, au grand dam d'Ankara. (Mardi 30 mai 2017)

Keystone
Des frappes de la coalition ont visé des immeubles d'habitation à Mayadine, dans l'est de la Syrie, faisant 35 civils morts. (Jeudi 25 mai 2017)

Des frappes de la coalition ont visé des immeubles d'habitation à Mayadine, dans l'est de la Syrie, faisant 35 civils morts. (Jeudi 25 mai 2017)

Keystone

Les parties au conflit syrien se sont quittées après neuf jours de discussions à Genève avec un programme de travail, avant de se retrouver plus tard en mars. Le régime a eu gain de cause pour remettre la lutte contre le terrorisme au centre du débat. Et la Russie a confirmé son statut incontournable.

Les pourparlers ont désormais «un agenda clair», a estimé vendredi soir devant la presse l'émissaire de l'ONU Staffan de Mistura. Aux côtés de la gouvernance de transition six mois après un accord de paix, d'une nouvelle Constitution et, au bout de dix-huit mois, des élections contrôlées par l'ONU est venue s'ajouter la question de la lutte contre le terrorisme. «A la demande du gouvernement», a reconnu l'Italo-Suédois. Jusqu'à vendredi, le principal groupe d'opposition, le Haut Comité des négociations (HCN), avait toujours estimé que le régime cherchait à «perdre du temps» en ajoutant cette question aux discussions.

Le président de sa délégation Nasr al-Harari n'a pas répété cette obstruction au dernier jour des pourparlers, évoquant une série de discussions «plus positives» que l'année dernière. Mais il n'a pas formellement reconnu son accord au principe de ces quatre champs.

La politique générale contre le terrorisme sera abordée à Genève. Tandis que les applications concrètes de la lutte contre les djihadistes de l'Etat islamique (EI) ou du Front al-Nosra seront évoquées à Astana, au Kazakhstan. Une réunion est prévue le 14 mars dans cette ville où la Russie, la Turquie et l'Iran avaient lancé leur processus pour la consolidation d'un cessez-le-feu en Syrie.

Division persistante sur Bachar el-Assad

Par rapport à l'année dernière, le régime a repris des territoires sur le front militaire. Jeudi soir, le chef de la délégation du gouvernement Bachar al-Jaafari, avait accusé le HCN de prendre les pourparlers en «otage» en refusant de discuter de la lutte contre le terrorisme.

Autre défaite pour le HCN, la question de la gouvernance ne sera pas discutée avant les autres. Les quatre points seront abordés «en parallèle». Mais l'un des quatre «paniers» peut «avancer plus rapidement» que les autres, ajoute M. de Mistura à destination du HCN.

Autre difficulté, un dialogue direct n'est pas encore possible entre les parties. Mais «tous ceux qui sont concernés par le conflit en Syrie sont capables de s'asseoir dans la même salle», a dit l'émissaire, brandissant la photo de la cérémonie d'ouverture. Il reconnaît toutefois que les pourparlers «indirects» resteront pour le moment «plus efficaces».

Si le contenu des quatre points a pu déjà être abordé, la principale divergence entre régime et HCN reste la question du départ ou non du président Bachar el-Assad. Le groupe d'opposition ne considère pas la «transition politique» avec l'actuel chef de l'Etat, ce que rejette la délégation du gouvernement. Il a répété vendredi vouloir lutter contre le «terrorisme» du président syrien, de l'Iran et de leurs alliés.

Le gouvernement attribue aussi au HCN le rejet d'une délégation unifiée avec les groupes d'opposants dits du Caire et de Moscou, considérés comme plus proches du gouvernement. Le principal groupe d'opposition se dit «ouvert», mais seulement avec ceux «qui veulent l'intérêt des Syriens». Elément encourageant, il a rencontré le groupe de Moscou.

Activité russe très importante

Autre indicateur, la Russie, alliée du régime, aura été très active avec la présence à Genève du vice-ministre des affaires étrangères Guennadi Gatilov. Il a rencontré aussi bien la délégation du gouvernement que le groupe de Moscou et, première, le HCN. La Russie a évoqué une discussion «constructive» avec le principal groupe d'opposants, avant de l'accuser le lendemain de «saboter» le processus politique.

Symbole de la multiplicité des approches, l'Union européenne va organiser «autour du 5 avril» une conférence internationale de haut niveau sur les questions politiques en Syrie. «Tout est prévu», dit M. de Mistura qui va se rendre à New York pour rendre compte au Conseil de sécurité. Comme avec Astana, il voit une complémentarité et non une prise d'«otage» du processus.

En six ans, le conflit syrien a fait plus de 310'000 tués. Au total, plus de 13 millions de Syriens, dans le pays ou les Etats limitrophes, ont besoin d'assistance humanitaire. Plusieurs zones restent encore assiégées par le gouvernement ou les groupes armés. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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