Actualisé 10.01.2012 à 19:30

Egypte Dernier tour des élections législatives

Le dernier tour des élections législatives, les premières depuis la chute en février 2011 du président Hosni Moubarak, s'est ouvert mardi en Egypte.

Le vote pour la chambre des députés (Assemblée du peuple) se déroule dans trois zones géographiques successives, chacune votant sur deux tours. Dix-huit gouvernorats ont déjà voté sur deux tours.

Le premier tour de la troisième phase s'est déroulé la semaine dernière dans les neuf gouvernorats restants, notamment dans le Sinaï, région instable frontalière avec Israël et la bande de Gaza, qui abrite aussi de vastes complexes touristiques en pleine crise comme Charm el-Cheikh. Le second se déroule mardi et mercredi.

Interdits sous le régime d'Hosni Moubarak, les Frères musulmans apparaissent comme les grands vainqueurs des premières élections libres organisées depuis le renversement de l'ancien dirigeant le 11 février dernier.

Le Parti de la liberté et de la justice (PLJ), issu des Frères musulmans, a indiqué avoir recueilli 35,2% lors du premier tour de la troisième phase. Le PLJ est toutefois talonné par le parti Al- Nour (La Lumière), des fondamentalistes salafistes qui ont affirmé avoir recueilli 27% des voix.

Selon des projections, la formation créée par la confrérie musulmane, le PLJ, devrait remporter 41% des 498 sièges de l'Assemblée du peuple. Au total, les Frères musulmans et le parti salafiste d'Al Nour devraient occuper 60% des sièges de la chambre basse. A eux deux, ils avaient déjà raflé quelque 65% des suffrages lors des deux premières phases du vote.

Laminage des libéraux

Les partis libéraux et les mouvement issus du soulèvement, morcelés et mal implantés, sont sortis laminés des deux premières phases du scrutin.

Mais la fin du deuxième tour de la troisième phase du scrutin ne sonnera pas la fin des élections. Plusieurs circonscriptions voteront de nouveau entre le 14 et le 19 janvier, les votes ayant été annulés à la suite d'irrégularités ou de problèmes logistiques.

Cette élection se tient dans un contexte politique tendu, marqué en novembre et décembre par la répression meurtrière de manifestations, principalement au Caire, contre le conseil militaire qui dirige le pays.

Election du Sénat (Choura)

L'élection des députés sera suivie à partir du 29 janvier par celle des sénateurs. Un parti libéral a déjà annoncé sa volonté de se retirer du processus électoral.

Le parti des Egyptiens libres (FEP), cofondé par le magnat des télécoms Naguib Sawiris, a annoncé son intention de boycotter les élections à la chambre haute (Choura), agendées fin janvier pour protester contre des violations commises, selon lui, par les partis islamistes lors des premières phases.

La première phase de l'élection à la Choura se tiendra les 29 et 30 janvier et un second tour est prévu le 7 février. La deuxième phase se déroulera les 14 et 15 février et le second tour de cette seconde phase est fixé au 22 février.

Le futur Parlement sera chargé de désigner une commission qui rédigera une nouvelle Constitution pour l'Egypte, pays le plus peuplé du monde arabe avec plus de 80 millions d'habitants. Une élection présidentielle est prévue avant la fin juin.

(ats)

Deux politiques interdits de voyage pour incitation à la violence

Deux figures politiques égyptiennes ont été interdites de voyage pour incitation à la violence lors d'affrontements entre manifestants anti-armée et forces de l'ordre en décembre devant le siège du gouvernement au Caire, a rapporté mardi l'agence officielle Mena.

Le ministère public, qui enquête sur les événements ayant conduit à la mort de 17 manifestants en décembre au Caire, a prononcé «une interdiction de quitter le pays à l'encontre d'Ayman Nour, fondateur du parti al-Ghad, dans le cadre d'une enquête pour incitation à la violence», a précisé l'agence.

Mamdouh Hamza, personnalité politique proche des mouvements de jeunes pro-démocratie à l'origine de la révolte qui a chassé le président Hosni Moubarak en février, est également visé par cette décision, selon la Mena.

Le chef du parti Al-Ghad, parti d'opposition laïque et libéral, s'était présenté en 2005 à l'élection présidentielle de 2005 contre le président Hosni Moubarak.

Il avait dans la foulée été condamné à cinq ans de prison pour fraude et falsification de documents, accusations qu'il a toujours niées, avant d'être libéré en 2009 pour raison de santé.

Des heurts avaient éclaté le 16 décembre entre les forces de l'ordre et des manifestants qui campaient devant le siège du gouvernement pour protester contre la nomination par l'armée du Premier ministre, Kamal el-Ganzouri, qui avait déjà occupé ce poste sous M. Moubarak.

Les manifestants réclamaient également la fin du pouvoir militaire, visant en particulier le chef de l'armée et chef d'Etat de fait, le maréchal Hussein Tantaoui.

Des affrontements similaires avaient fait au moins 42 morts, principalement au Caire, quelques jours avant le début des élections législatives le 28 novembre.

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