Micheline Calmy-Rey: Dernière visite officielle à Bruxelles
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Micheline Calmy-ReyDernière visite officielle à Bruxelles

La présidente de la Confédération Micheline Calmy-Rey a effectué mardi sa dernière visite officielle à Bruxelles.

Un déplacement particulier puisque Micheline Calmy-Rey est le premier membre du Conseil fédéral à être auditionné par une commission du parlement européen.

Au menu de cette audition publique: l'argent des potentats, les relations bilatérales et l'accord fiscal entre la Suisse et l'Allemagne. Un autre menu - autrement copieux - l'attendait le soir pour l'inauguration de la première «Soirée suisse» de la capitale européenne: fondue, 25 sortes de fromages et fanions helvétiques.

Cette dernière journée européenne officielle a donc débuté devant des représentants du Parlement européen. Micheline Calmy-Rey a défendu la place financière suisse. Répondant à une question de la commission des affaires étrangères, elle a expliqué qu'avec l'impôt libératoire prévu par Berlin et Berne, la Suisse poursuit une stratégie d'argent propre.

Accord avec la Grèce

La Suisse est ouverte à négocier d'autres accords semblables, a ajouté la cheffe de la diplomatie helvétique. La Grèce s'est notamment dite intéressée. Pas impossible que des négociations puissent débuter dans les semaines à venir, laisse-t-on entendre.

Des députés ont exprimé la critique que de nombreux Grecs fortunés déposeraient leur argent dans les banques suisses pour échapper à l'impôt. La présidente de la Confédération a rétorqué que la Suisse n'avait aucun intérêt à héberger les avoirs de personnes cherchant à fuir le fisc de leur pays.

Mme Calmy-Rey ne croit par ailleurs pas que quelque 200 milliards d'euros en provenance de Grèce aient atterri en Suisse. «Ce qui repose dans les banques helvétiques est surestimé», a-t-elle dit.

Rôle pionnier

Pour ce qui concerne le blocage et la restitution d'avoirs d'ex- chefs d'Etat et de gouvernement, la Suisse joue un rôle pionnier, a estimé la ministre, ce que les parlementaires européens ont aussi reconnu. Dans le contexte du printemps arabe, la Suisse a pu bloquer et en partie déjà restituer les avoirs des anciens dirigeants tunisiens et libyens.

S'agissant des relations bilatérales, Micheline Calmy-Rey a relevé les intérêts communs des deux partenaires et les quelque 120 accords déjà conclus. Les questions institutionnelles sont actuellement sur la table, mais la Suisse souhaiterait «mener à terme» les négociations en cours dans les domaines de l'électricité, de la politique agricole et de santé, ainsi que Galileo.

UDC épinglée

Il est clair que les questions institutionnelles doivent être éclaircies, a reconnu la ministre suisse. Des discussions exploratoires ont déjà eu lieu. Les relations entre la Suisse et l'UE peuvent certes être simplifiées, «mais les négociations ne deviendront pas simples», a encore remarqué la cheffe du DFAE..

Plus tard lors d'une conférence de presse, elle a critiqué l'UDC s'agissant de l'accord sur la libre circulation des personnes et l'idée du parti de résilier l'accord et de le renégocier entièrement. Elle a affirmé que «c'était la chose la plus bête que l'ont puisse dire».

Soirée festive

En soirée, la conseillère fédérale a prononcé un discours dans le Bois de la Cambre, une forêt à Bruxelles, inaugurant la première «Soirée suisse» dans cette ville. La Suisse et l'UE sont plus que des voisins, ce sont des partenaires très étroitement liés, a-t-elle affirmé.

Quelque 400 personnes de la politique et de l'économie s'étaient rassemblées à l'occasion de cette «Soirée suisse» dans un local de réception situé dans la forêt. La mission suisse auprès des institutions de l'UE à Bruxelles s'efforce par de tels évènements, ainsi que des podiums de discussion, d'être davantage présente et de soigner l'image du pays.

A Bruxelles, au coeur de l'UE, la Suisse fait figure d'acteur en marge en tant qu'Etat non membre, a encore souligné Mme Calmy-Rey. Mais elle est plus présente qu'il n'y paraît. La Suisse n'est pas une île, a-t-elle insisté.

(ats)

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