21.08.2019 à 12:28

IndeDerrière l'IA se cachaient des travailleurs humains

Pour séduire les investisseurs, une start-up se vantait d'utiliser l'intelligence artificielle (IA). Elle a été prise en flagrant délit de tricherie.

de
laf
Xavier Arnau

La jeune pousse engineer.ai a réuni plus de 30 millions de francs grâce à son service capable de développer le gros d'une application mobile, prétendument à l'aide de l'IA. Malheureusement pour ses investisseurs, dont une filiale du géant nippon SoftBank, l'IA n'y est pas pour grand-chose. Ce sont en effet des ingénieurs humains en Inde et ailleurs qui se chargent du développement, a révélé le «Wall Street Journal». Démasquée par le quotidien financier, la firme indienne s'est ravisée en indiquant qu'elle utilisait l'IA pour estimer les prix et les fonctions demandées, ainsi que pour un «arbre décisionnel» d'attribution des tâches à ses ingénieurs. Mais aucune trace d'une intelligence artificielle de pointe capable de traductions automatiques ou de reconnaissance d'images. Robert Holdheim, ex-chargé d'affaires de la firme, avait levé le lièvre au début de l'année, affirmant qu'engineer.ai avait à peine commencé le produit, annoncé à 80% fini.

La start-up indienne n'est de loin pas la seule à se survendre ainsi. L'attrait suscité par la technologie auprès des investisseurs l'explique. Selon MMC Ventures, l'IA permet aux éditeurs de logiciels de doubler le montant réuni. Cette même société d'investissement a constaté que deux start-up européennes sur cinq usurpaient le terme IA dans leur société.

Technologie au grand appétit

Pas de controverse autour de l'IA utilisée par Uniphore. La start-up indo-américaine l'a intégrée dans ses services d'automatisation des centres d'appels pour défier Google, Microsoft, IBM et une douzaine de jeunes pousses actives dans une industrie pesant 350 milliards de francs. Créée en 2008, Uniphore vaut près de 1milliard de francs et représente «l'avènement de l'ère de l'IA conversationnelle», selon Umesh Sachdev, cofondateur âgé de 33 ans, cité par «Bloomberg».

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