En cas de métal ingéré – Des aimants à avaler pour sauver les bovins
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En cas de métal ingéré Des aimants à avaler pour sauver les bovins

Clous, bouts de fil de fer ou déchets métalliques abandonnés par des promeneurs peuvent être ingérés par des bovins, avec de graves conséquences, qu'un aimant spécial pourrait limiter.

Les vaches peuvent être blessés ou mourir en ingérant certains bouts de métal. 

Les vaches peuvent être blessés ou mourir en ingérant certains bouts de métal.

Getty Images/iStockphoto

L'ingestion par les bovins de morceaux de métal serait responsable de la mort d'environ 29'000 d'entre eux chaque année dans les élevages français, selon l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation (Anses). A cela s'ajoutent environ 30'000 carcasses de bovins par an totalement ou partiellement écartées de la consommation dans les abattoirs français, en raison de lésions internes liées à la migration de ces corps étrangers, ajoute l'Agence, dans un avis publié mercredi. Dans ces cas-là, la viande n'est pas valorisable.

«Problème d'ampleur»

Ces deux chiffres additionnés représentent 0,6% des bovins de plus de deux ans présents en France annuellement (9,86 millions de bovins). «C'est un phénomène d'ampleur: 7 à 10% du cheptel est concerné», commente pour l'AFP Eric Vial, directeur de l'évaluation des risques à l'Anses. La majorité des corps étrangers retrouvés dans la panse des vaches sont des fils de fer et des clous, présents sur les exploitations. Les structures métalliques des pneus usagés, utilisés pour maintenir les bâches recouvrant le fourrage, sont particulièrement redoutables. Mais il y a aussi les bouts de clôtures arrachées lors de la coupe de haies, les déchets de chantiers ou des détritus abandonnés par des promeneurs, comme des canettes en alu.

Un aimant à ingérer

Pour l'animal, la présence de ces corps étrangers essentiellement métalliques dans son estomac peut être source de fortes douleurs et provoquer de graves lésions (péritonite), parfois mortelles. L'Anses recommande donc d'administrer par voie orale aux bovins un aimant de quelques centimètres, «dès les premiers signes évocateurs.» Une fois dans la panse, il peut piéger les débris métalliques et éviter que ceux-ci causent des lésions en migrant dans des organes fragiles (cœur, diaphragme). Des études réalisées dans des élevages laitiers au Québec ont démontré l'efficacité de cette méthode.

Pas de danger

L'Agence a étudié la dégradation de l'aimant dans le corps de l'animal. «Les expériences montrent que la dégradation est extrêmement lente et que finalement les substances qu'il contient ne sont pas de nature à présenter un danger pour l'animal» ni pour les humains consommant ces produits d'origine animale, déclare Eric Vial. «On conclut sur un bénéfice avantages/inconvénients très en faveur de l'administration d'aimant», dit-il.

Prévention

L'expert souligne également l'importance des mesures de prévention pour éviter la présence de morceaux de métal, dans l'environnement des vaches. Par exemple, cesser d'utiliser des pneus usagés pour bâcher les fourrages, équiper certains matériels agricoles d'un électroaimant, afin de piéger les objets ferromagnétiques.

(AFP)

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