Genève: Des aînés privés de leur banc pour attendre le bus
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GenèveDes aînés privés de leur banc pour attendre le bus

Les CFF ont retiré un siège public, situé devant Cornavin, pour éviter les squatteurs. Un senior fâché juge ça idiot.

par
Lucie Fehlbaum
David Viry se tient là où il pouvait, jusqu'en mai, sasseoir pour attendre le bus.

David Viry se tient là où il pouvait, jusqu'en mai, sasseoir pour attendre le bus.

David Viry

En voulant s'asseoir sur un banc en attendant son bus, David Viry, 82 ans, est tombé dans un mic-mac administratif cocasse. Un siège public, installé au départ des bus 5 et 8 devant Cornavin, a été enlevé début mai sur décision de la gare. La raison: des «marginaux» le squattaient, allant jusqu'à déféquer dessus. «C'est complètement idiot, au lieu d'enlever le banc, ils auraient dû en rajouter, tempête l'octogénaire. Il y a largement la place pour trois sièges. Comme ça, les marginaux en occupent un et nous, les deux autres.»

Mais Cornavin ne veut plus conserver de bancs à l'extérieur. «La Ville nous a demandé d'installer ce mobilier. On a accepté, car 2 mètres devant le bâtiment, l'espace public est considéré nôtre, explique Jean-Philippe Schmidt, porte-parole des CFF. Mais nos agents de sécurité ne peuvent pas intervenir sur la voie publique.» Ils ne souhaitent pas contacter la police pour le faire, et leurs agents ne peuvent donc pas sortir pour demander à ceux qui s'éternisent de quitter le banc. «Le plus souvent, ce ne sont pas du tout des gens qui attendent le train, précise Jean-Philippe Schmidt. Ils génèrent de l'insécurité pour nos clients.»

Les CFF vont installer, en juin, un banc dans le hall central, «à quelques mètres du précédent», pour répondre à la demande.» David Viry ne comprend pas. «On ne voit pas le bus arriver si on est assis à l'intérieur! Et on doit courir comme des dingues pour l'attraper. C'est stupide.»

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