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Drones«Des amateurs se font passer pour des experts»

L'EPFL accueillait ce week-end les Drone Days, l'occasion pour beaucoup de s'initier au pilotage d'engins volants. Les possesseurs de drones sont toutefois trop peu formés, estime un professionnel.

par
Pauline Rumpf

Revivez la grande finale des Drone Days. Vidéo: Multividéo/Mediaprofil

Le drone fait de plus en plus partie de la vie des amateurs de gadgets, et des professionnels en reconversion. Présente aux Drone Days de l'EPFL ce week-end, l'Ecole suisse de drones y proposait des initiations au pilotage afin de faire découvrir cette pratique, mais aussi et surtout d'y rappeller quelques règles de base, trop peu connues et respectées.

Une loi minimaliste

«La loi suisse est la plus laxiste d'Europe, et pourtant la plupart des gens ne connaissent même pas ce minimum», regrette Frédéric Gex, responsable de l'école. Le b-a-ba consiste simplement à garder son drone toujours en vue, à ne pas voler à moins de 5km d'un aérodrome, et de ne pas survoler une foule dense et compacte. «Il n'est par exemple pas directement interdit de voler à 500m d'altitude, même si ça ne sert à rien, car les plus beaux panoramas sont visibles entre 40 et 70m de haut», précise Frédéric Gex.

De nombreux pays ont instauré une réglementation sur les formations à suivre selon le type de vol et de drone, mais en Suisse, nul n'est tenu de se former, et donc de connaître ces limites. «Certains drones ont une portée de 8km, donc forcément, les gens utilisent cette marge de manœuvre même si c'est inconscient et inutile.»

Récemment, une collision entre un drone et un hélicoptère s'est d'ailleurs produite au Tessin à près de 1000m d'altitude. Selon le professionnel, d'après des données du constructeur dji, 80% des accidents se produisent lors du premier vol.

Les professionnels aussi concernés

Evidemment, celui qui propose des formations payantes prêche pour sa paroisse. Mais le manque d'informations pose un réel problème, même hors du domaine des loisirs. «Le drone fait partie de tous les domaines professionnels aujourd'hui. Que ce soit pour inspecter l'état des panneaux solaires, le bilan thermique d'un bâtiment, modéliser en 3D la dégradation d'un pont ou estimer les besoins en traitement d'une culture... C'est utile partout. Mais rien n'empêche les amateurs sans formation de se dire experts, et de décrédibiliser ainsi le secteur.»

Des formations pour prendre de l'avance sur la loi

La loi devrait évoluer, prédit Frédéric Gex, mais la Suisse attend son introduction au niveau européen pour aller de l'avant. Des initiations et des formations à plusieurs niveaux sont pour l'instant dispensées par l'Ecole suisse de drones ou le TCS. Elles traitent de pilotage mais aussi de technique et de droit à l'image.

L'Office fédéral de l'aviation civile, lui, est dépassé par l'ampleur rapide qu'a pris le secteur, et ne répond plus aux sollicitations des particuliers pour l'instant. Une base d'informations est toutefois disponible sur son site.

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