Irak - explosions: Des attentats font 50 morts à Bagdad
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Irak - explosionsDes attentats font 50 morts à Bagdad

Une série d'attentats coordonnés dans plusieurs villes d'Irak a fait au moins 50 morts mardi, jour du 9e anniversaire de l'invasion américaine.

Les attaques les plus meurtrières se sont produites dans la ville sainte chiite de Kerbala, à 110 km au sud de Bagdad, et à Kirkouk (nord), avec 13 morts chacune. A Kerbala, deux bombes ont explosé vers 08h15 (06h15 heure suisse) à l'entrée de la ville, selon une source médicale. Parmi les victimes se trouvent 5 pèlerins iraniens.

A Kirkouk (240 km au nord de Bagdad), une voiture piégée a explosé près d'un bâtiment de police. Les 13 victimes sont des policiers. L'explosion a en outre fait 50 blessés. La bombe a explosé au moment de la relève de la garde.

«Nous avons perdu nos camarades qui ont sauté dans l'explosion. Tant que je vivrai, je n'oublierai jamais leurs cris», raconte Mohammad Sobhi, un policier blessé à la jambe rencontré à l'hôpital.

Attentats dans 14 villes

Deux voitures piégées ont également explosé à Bagdad, dont l'une dans un parking proche du ministère des Affaires étrangères. Cette attaque a fait au moins 3 morts et 4 blessés, ont indiqué deux sources officielles. L'autre voiture piégée, conduite par un kamikaze, a explosé dans le centre-ville, faisant 4 morts et 8 blessés.

Trois policiers ont par ailleurs été tués tôt mardi par des inconnus munis d'armes à silencieux devant l'église orthodoxe Saint- Thomas dans l'ouest de Bagdad.

D'autres attentats ont frappé Hilla (centre), Ramadi (ouest), la province de Salaheddine (nord): au total 20 villes ont été affectées par les violences. La plupart des attaques, qui ont fait plus de 225 blessés, ont eu lieu entre 07h00 et 09h00 (05h00-07h00 heure suisse).

Sommet de la Ligue arabe

Ces violences sont les plus meurtrières depuis le 14 janvier, quand au moins 53 personnes avaient été tuées près de Bassora (sud) dans un attentat suicide contre des pèlerins chiites. Elles interviennent le jour même du 9e anniversaire de l'invasion américaine et à 9 jours d'un sommet de la Ligue arabe à Bagdad.

Ce sommet, le premier en Irak depuis 1990, sera précédé le 27 mars d'une réunion des ministres arabes de l'Economie et le 28 d'une rencontre des ministres des Affaires étrangères. Les autorités espèrent y accueillir plusieurs chefs d'Etat et le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon.

Les autorités irakiennes avaient prévenu qu'Al-Qaïda allait tenter de «semer le chaos» à cette occasion. Des mesures exceptionnelles ont été mises en oeuvre et des milliers d'hommes mobilisés pour assurer la sécurité de la rencontre.

Le porte-parole du gouvernement, Ali al-Dabbagh, a annoncé après les attentats de mardi que la période du 25 mars au 1er avril serait fériée en Irak. Cela, afin de limiter les encombrements et faciliter la tenue du sommet.

Même «main meurtrière» qu'en Syrie

Le président du Parlement Ossama al-Noujaifi a condamné les attentats, dénonçant une tentative de faire échouer le sommet et de «maintenir l'Irak dans la violence». L'envoyé spécial des Nations unies en Irak, Martin Kobler, a fustigé «des crimes atroces» et demandé aux Irakiens de «rester fermes face à ces tentatives de fragiliser un Irak stable et pacifique».

Pour sa part, le ministère syrien des Affaires étrangères a dénoncé les attentats, y voyant la même «main meurtrière» qu'en Syrie. Des attaques à la voiture piégée ont fait des dizaines de morts samedi à Damas et dimanche à Alep alors que le régime de Bachar al-Assad tente de réprimer la rébellion.

Les violences en Irak ont nettement diminué ces dernières années après le pic atteint en 2006 et 2007, mais elles n'ont jamais cessé. Selon les chiffres officiels, 150 personnes ont été tuées au cours du mois de février, après 151 en janvier. (afp)

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