France - Des barbelés retirés autour d’une aire de gens du voyage
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FranceDes barbelés retirés autour d’une aire de gens du voyage

Face à l’indignation, les autorités locales expliquent qu’il s’agit d’un malentendu.

Les gens du voyage arrivent sur cette aire d’accueil chaque année, vers la fin avril. 

Les gens du voyage arrivent sur cette aire d’accueil chaque année, vers la fin avril.

VQH

Des barbelés installés sur les grilles d’une aire d’accueil de gens du voyage dans l’Ain vont être retirés mardi, après avoir été dénoncés par les occupants et un avocat qui a introduit un recours juridique.

«On se croirait dans un camp de concentration»: la presse régionale s’est faite l’écho de l’indignation d’un groupe d’évangélistes, issus de la communauté des gens du voyage, arrivé samedi sur cette aire de grand passage où, en plus des barbelés, une tranchée a été creusée autour de l’enceinte.

L’aire en question, installée le long d’une autoroute au nord-ouest de Lyon, est gérée par deux communautés de communes.

Dans un communiqué diffusé lundi, l’une d’elles explique que le fossé et les barbelés visaient à «préserver l’équipement d’intrusions et de dégradations» entre le 30 octobre et le 30 avril, période durant laquelle l’aire est inoccupée.

«Néanmoins, il nous faut prendre acte de l’émoi provoqué au sein de la communauté des gens du voyage. C’est pourquoi les barbelés seront déplacés dès mardi 18 mai, une réflexion étant en cours pour protéger au mieux l’aire et ses alentours», indique la présidente de la communauté de communes, Miribel Plateau, Caroline Terrier.

Stigmatisation

Déplorant la polémique suscitée par l’affaire, nourrie par une «analogie aussi douteuse qu’infondée avec les heures les plus sombres de notre Histoire», l’élue assure de la bienveillance des deux collectivités envers la communauté des gens du voyage avec laquelle le dialogue avait toujours prévalu jusqu’ici. Et ce, «alors que le territoire a souffert de nombreuses occupations illicites ces dernières années, créant des troubles importants avec la population, simples particuliers ou entreprises».

«Ce n’est pas pour protéger les gens du voyage qu’on met des barbelés, des tranchées. L’objectif, c’est de les dégoûter de venir», estime de son côté Olivier Le Mailloux, avocat qui a introduit un référé devant le tribunal administratif de Lyon, en cours d’instruction.

«Je n’ai jamais vu ça. Il s’agit de barbelé militaire, très dangereux, que l’on aurait refusé pour du bétail. Ils l’ont installé parce qu’il y aurait eu des vols dans des entreprises voisines et les gens du voyage sont présumés coupables», ajoute-t-il.

(AFP)

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