Venezuela: Des bénévoles soignent les manifestants blessés
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VenezuelaDes bénévoles soignent les manifestants blessés

La vague de protestations lancée début avril contre le président Maduro a fait de nombreux morts et blessés. Des médecins se sont portés volontaires pour soigner les manifestants.

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Le sang coule abondamment. Un jeune homme vient de se couper la main en ramassant un bout de carrelage pour le jeter sur les forces de l'ordre à Caracas, au cours d'une des manifestations contre le président Nicolas Maduro.

Il fait partie des centaines de Vénézuéliens blessés depuis la vague de protestations lancée par l'opposition début avril. Presque toutes ont dégénéré en violents affrontements avec la police, avec déjà une trentaine de morts.

Au milieu des jets de pierres et de la fumée blanchâtre des lacrymogènes, un groupe de docteurs et étudiants en médecine, équipé de masques à gaz, se fraye un chemin. La «Croix Verte» prend alors en charge le jeune manifestant d'une vingtaine d'années pour lui bander la main.

Au Venezuela, 26 morts en près d'un mois

26.04.2017 Les manifestations au Venezuela pour exiger le départ du président socialiste Nicolas Maduro ont fait 26 morts en près d'un mois, a annoncé mardi la procureure générale de la Nation, condamnant la violence qui déchire le pays.

Ces secouristes volontaires ont commencé par participer aux manifestations. A présent, ils restent sur les côtés, reconnaissables à leurs casques blancs ornés d'une croix verte, prêts à intervenir.

«On s'est rendu compte que notre devoir n'était pas de manifester mais de porter secours, car c'est ce que nous savons faire et c'est bien plus utile», raconte Daniella Liendo, 22 ans, une des responsables.

Nouvelles violences à Caracas

27.04.2017 De nouveaux affrontements ont opposé la police vénézuélienne et les manifestants d'opposition au président Maduro, mercredi 26 avril. Une trentaine de manifestants ont déjà perdu la vie en près d'un mois.

Fondé en 2014

Une précédente vague de manifestations en 2014 avait fait officiellement 43 morts. C'est cette année-là que les étudiants en médecine de l'Université centrale du Venezuela (UCV) ont fondé la «Croix Verte» ou «UCV premiers secours». Cette fois, de nouvelles recrues issues d'autres universités ont rejoint le mouvement: ils sont 120 au total.

En file indienne, se tenant par la main pour rester groupés, ils bravent la pluie de projectiles, les gaz, canons à eau et autres balles en caoutchouc. «On s'organise pour venir en aide aux gens. Nous soignons tous ceux qui ont besoin de premiers secours, qu'ils soient manifestants, policiers ou militaires», ajoute Dana Chocron, 22 ans.

Une fois remis sur pieds, le jeune homme à la main blessée, qui refuse de donner son identité, se dit «très reconnaissant» envers la «Croix Verte».

Trois groupes

Les jours de manifestation, les bénévoles se retrouvent avant pour organiser leur déploiement. Ils se divisent en trois différents groupes, chargés de tâches bien distinctes.

Le groupe rouge s'occupe des premiers soins, l'orange prend en charge les blessés plus graves et le vert, composé de médecins spécialisés, se maintient à distance respectable du défilé pour gérer les cas les plus sérieux, quitte à les évacuer ensuite vers les centres hospitaliers.

Les bandages, pansements et médicaments qu'ils utilisent sont collectés via les réseaux sociaux.

«Indignation»

Les groupes proches du pouvoir n'épargnent pas ces secouristes. Pedro Carvajalino, un des présentateurs de la chaîne d'Etat VTV, les a qualifiés de «groupe paramilitaire». En réponse, la «Croix Verte» a fait part de son «indignation» dans un communiqué et a rappelé les risques encourus «au cours de cette tâche volontaire sans distinction de couleur politique ou d'uniforme».

Un des médecins, Oscar Noya, a été arrêté le 20 avril dans l'est de Caracas alors qu'il intervenait. Il a été relâché quelques heures après.

Malgré cela, les secouristes bénévoles entendent continuer alors que chacune de leur arrivée dans les cortèges est saluée par des applaudissements. «L'affection et la chaleur que nous transmettent les Vénézuéliens nous donnent la force pour aller de l'avant», conclut Federica Davila, l'autre responsable du mouvement. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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