Actualisé 14.03.2009 à 14:12

Rapports de forcesDes bombardiers stratégiques russes à Cuba

La Russie pourrait stationner des bombardiers stratégiques à Cuba et au Venezuela, a déclaré samedi le commandant des forces aériennes russes, le général Anatoli Jikharev.

Cette annonce pourrait contrarier Washington alors que Moscou espère réchauffer ses relations avec les Etats-Unis.

«C'est envisageable avec Cuba», a déclaré le chef d'état-major des forces aériennes stratégiques russes, le général Anatoli Jikharev, cité par l'agence Interfax. «S'il y a une volonté de la part des dirigeants des deux Etats, une volonté politique, nous sommes prêts à y voler».

«Il y a quatre ou cinq aérodromes avec des pistes de 4000 mètres de long qui nous conviennent très bien», a-t-il encore relevé.

Par ailleurs, le président vénézuélien Hugo Chavez a offert à la Russie d'accueillir des bombardiers stratégiques russes sur son territoire, a-t-il indiqué, toujours cité par Interfax. «Oui, une telle proposition du président du Venezuela existe. S'il y a une décision politique appropriée, c'est possible», a-t-il affirmé.

Il a laissé entendre que les avions russes se contenteraient d'y faire escale, la constitution vénézuélienne interdisant l'établissement de bases militaires relevant d'Etats étrangers sur le territoire national. Le format serait donc plutôt «On atterrit, on achève le vol et on repart», a-t-il dit.

Manoeuvres navales

Le Venezuela et la Russie avaient déjà mené à la fin de l'année 2008 des manoeuvres navales communes en mer des Caraïbes, une zone traditionnellement considérée comme le pré carré des Etats-Unis.

Cette opération, un événement inédit depuis la fin de la Guerre froide dans la région, avait mobilisé quatre navires russes, dont le croiseur à propulsion nucléaire Pierre Le Grand, et trois frégates vénézuéliennes.

En septembre dernier, deux bombardiers stratégiques russes TU-160 avaient effectué des «vols d'entraînement» à partir d'une base au Venezuela. Le président Chavez, allié de Moscou et bête noire de Washington, avait alors affirmé que la présence des deux bombardiers russes dans son pays constituait un «avertissement» aux Etats-Unis.

Les déclarations du général russe interviennent quelques semaines avant la première rencontre entre Barack Obama et son homologue russe Dmitri Medvedev, prévue le 1er avril à Londres en marge du sommet du G20 sur la crise économique et financière mondiale.

Ces dernières années, le projet de bouclier antimissile américain en Europe de l'Est et l'extension de l'Otan aux portes de la Russie ont fortement irrité Moscou. Les tensions, aux relents de guerre froide, ont culminé avec la guerre russo-géorgienne en août 2008.

Un haut responsable de l'armée de l'Air américaine, le général Norton Schwartz, avait mis en garde en juillet dernier la Russie contre la tentation de faire stationner des bombardiers stratégiques à Cuba. (ats)

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