Des bourses trop maigres font travailler au noir
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Des bourses trop maigres font travailler au noir

Les étudiants trouvent les bourses insuffisantes. Elles sont réduites pour ceux qui travaillent.

«Si je gagne plus de 500 fr. par mois, mes gains sont déduits de ma bourse. Je touche une bourse de 500 fr. si je gagne 1000 fr., c'est l'entier de mon aide qui est supprimée. On ne peut pas vivre avec une telle somme!» explique une étudiante.

Un calcul simpliste selon Serge Loutan, chef du Service de l'enseignement spécialisé et de l'appui à la formation (SESAF). «Les étudiants feraient mieux de prendre contact avec nos services plutôt que de croire qu'ils comprennent comment fonctionne l'établissement d'une bourse. C'est très compliqué.»

Au-delà de 500 ou 600 fr. par mois, les bénéficiaires d'une aide doivent déclarer leurs revenus. Il entrera en compte dans le calcul du montant qui leur est alloué. «Les bourses ne sont là que pour couvrir les charges d'études et les charges normales, il est normal que, si un étudiant a plus de revenus, l'aide qui lui est accordée diminue.»

Un montant que les étudiants trouvent trop faible. «On ne m'a accordé que 100 fr. par mois pour les frais de tous les jours», explique Nina.

«Une étudiante ayant un enfant à charge a préféré reprendre un travail à temps partiel en parallèle à ses études et renoncer à sa bourse», relate Julien Wicki, secrétaire général de la Fédération des associations d'étudiants de l'UNIL.

Le faible montant des bourses pousserait les étudiants à travailler au noir. «Je constate que, dans l'ensemble, les gens sont globalement honnêtes», réfute Serge Loutan. Les étudiants devraient par contre profiter de l'été pour se faire un petit pécule.

Les bourses sont versées dix ou onze mois par année selon les formations. Les revenus de l'été ne sont donc pas considérés comme venant en complément à une bourse. «Les étudiants n'ont pas à nous apprendre ce que nous n'avons pas besoin de savoir», conclut Serge Loutan.

Joël Burri

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