Actualisé 03.09.2019 à 19:28

Après le coq MauriceDes canards accusés de cancaner trop fort

Une nouvelle affaire de «bruits ruraux» occupe la justice française. Un couple habitant dans les Landes a assigné sa voisine, propriétaire d'une cinquantaine de volatiles, à comparaître.

Après le coq Maurice vilipendé pour un chant trop matinal sur l'île d'Oléron (Ouest), c'est au tour d'une cinquantaine de canards et d'oies d'être accusés de cancaner et cacarder trop fort à Soustons, dans le Sud-Ouest de la France. Traîné devant la justice par des voisins incommodés par le bruit des volatiles, leur propriétaire devait comparaître mardi mais le procès a été renvoyé au 1er octobre.

Plusieurs affaires de «bruits ruraux», de coqs comme Maurice dont le jugement sera prononcé jeudi, de cloches qui sonnent ou de grenouilles qui coassent, ont récemment agité les campagnes françaises. A Soustons, une commune de 7600 habitants des Landes, un couple a assigné sa voisine à comparaître. L'objet de son courroux? «Le bruit incessant et d'autres nuisances que lui causeraient mes canards», indique à l'AFP Dominique Douthe, 67 ans.

La propriétaire des volailles, qui habite Soustons depuis plus de trente ans, élève «une cinquantaine de canards et d'oies» dans ce lieu situé en pleine campagne. «Ce conflit a démarré il y a environ un an, lorsque ce voisin a acquis sa propriété», raconte Mme Douthe, «il est venu se plaindre du bruit de mes volailles deux fois par semaine du mois de juin jusqu'au mois d'octobre 2018».

Pour l'épouse du couple de plaignants, qui ne veut pas être identifiée, «lorsque nous avons visité la maison, en hiver», dit-elle à l'AFP, «les oies et les canards étaient moins nombreux, donc, moins bruyants». «Nous avions vu quelques animaux. Ce n'est que plus tard, lorsque les animaux sont revenus, que le bruit est devenu plus important», ajoute-t-elle.

«On est dans les Landes tout de même!»

Son époux a vu l'éleveuse trois ou quatre fois, a fait venir un acousticien qui a préconisé de déplacer l'enclos et construire un mur: «Nous n'avons plus eu de nouvelles de cette dame, plus de contact depuis le mois d'octobre».

Dans ce petit hameau, «de nombreuses maisons possèdent un coin pour l'élevage des volailles. On est dans les Landes tout de même!» s'emporte néanmoins une riveraine propriétaire de quelques poules. L'éleveuse a contacté des associations de protection des animaux dont 30 Millions d'Amis et la Fondation Brigitte Bardot. Une pétition d'un «comité de soutien des canards d'Hardy» avait réuni mardi près de 6.500 signatures.

La maire de Soustons, Frédérique Charpenel, a jugé sur sa page Facebook «absolument nécessaire, à Soustons et partout en France, de préserver les caractéristiques de la ruralité (agriculture, élevage, pêche, chasse, etc...)». Mais «il me semble aussi nécessaire, de ne pas tomber dans le panneau du repli sur soi, de ne pas déraper dans la caricature en pensant que les nouveaux arrivants, ne pourraient pas s'intégrer ou nous feraient perdre notre âme», a nuancé l'édile.

(afp)

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