Actualisé 05.03.2012 à 22:29

Présidentielle russeDes centaines d'opposants arrêtés à Moscou

Une manifestation pour contester le scrutin remporté par Vladimir Poutine a réuni des milliers de personnes lundi à Moscou. Près de 550 manifestants ont été interpellés.

Une pancarte réclame une interdiction des injections de Botox dans le cerveau en référence à l'utilisation présumée de ce produit par Vladimir Poutine.

Une pancarte réclame une interdiction des injections de Botox dans le cerveau en référence à l'utilisation présumée de ce produit par Vladimir Poutine.

Environ 550 manifestants et plusieurs dirigeants de l'opposition ont été interpellés à Moscou et à Saint- Pétersbourg lundi soir au cours de manifestations pour contester la victoire la veille de Vladimir Poutine à la présidentielle. L'Occident a de son côté entériné l'élection en insistant sur la Syrie.

Le blogueur anticorruption Alexeï Navalny, le chef du Front de gauche, Sergueï Oudaltsov, la militante écologiste Evguenia Tchirikova et le dirigeant du mouvement Solidarité, Ilia Iachine, ont été embarqués par la police à l'issue d'une manifestation autorisée place Pouchkine à Moscou.

Ceux-ci, et quelque 2000 opposants, avaient refusé de partir à l'issue de ce rassemblement qui avait réuni 20'000 personnes selon l'opposition et 14'000 selon les forces de l'ordre.

La police antiémeutes est intervenue alors sans ménagement. «Au total à travers la ville, environ 250 personnes ont été interpellées dont Ilia Iachine, Alexeï Navalny et Sergueï Oudaltsov. Toutes ces personnes ont été amenées au commissariat», a indiqué la police moscovite dans un communiqué.

«Salut à tous du car de police», a écrit Alexeï Navalny sur son compte Twitter.

M. Oudaltsov avait auparavant déclaré à la foule qu'il ne quitterait pas la place tant que Vladimir Poutine resterait au pouvoir. M. Navalny avait appelé la foule à une «désobéissance pacifique».

Des journalistes de l'AFP ont vu des dizaines de personnes être emportées vers des cars de police, tandis que les opposants criaient «Honte !» et «Pouvoir aux masses, pas à la police !». Une source policière, citée par l'agence de presse Interfax, a fait état de 150 interpellations en plusieurs points de la ville.

Limonov libéré

Plus tôt, à Moscou, une centaine de manifestants dont l'écrivain Edouard Limonov avaient déjà été interpellés devant la Commission électorale. M. Limonov a été libéré dans la soirée.

Environ 300 opposants ont été interpellés dans la soirée pendant une manifestation non autorisée à Saint-Pétersbourg, a indiqué la police, citée par l'agence officielle de presse Itar-Tass.

Près de 1500 opposants, scandant des slogans tels que «Honte à Poutine !», ont tenté de se réunir dans le centre de la deuxième ville de Russie où un important dispositif policier avait été déployé.

Annulation réclamée

A Moscou, la coalition d'opposants issue de la contestation sans précédent de ces trois derniers mois a réclamé l'annulation du scrutin. «Nous réclamons une présidentielle anticipée. Cette élection est une farce. Le pouvoir n'est pas légitime», a déclaré l'un des meneurs de la contestation, Vladimir Ryjkov.

Un rassemblement de plusieurs centaines de personnes a eu lieu dans la soirée à Nijni-Novgorod (centre), selon l'agence de presse Interfax.

Une manifestation, en faveur de Vladimir Poutine celle-là, rassemblait au même moment 15'000 personnes selon la police près du Kremlin.

L'Occident cautionne

La Commission électorale a rendu publics peu avant les résultats définitifs de la présidentielle de dimanche, après dépouillement des bulletins dans la totalité des bureaux.

Vladimir Poutine, premier ministre et homme fort du pays, déjà président de 2000 à 2008, a obtenu 63,60% des voix. Le communiste Guennadi Ziouganov en a recueilli 17,18%, et le milliardaire Mikhaïl Prokhorov, nouveau venu en politique avec l'assentiment du Kremlin, 7,98%, selon ces résultats.

Les Occidentaux ont entériné la victoire de Vladimir Poutine, même entachée d'irrégularités. Ils ont saisi l'occasion pour appeler le nouveau pouvoir à évoluer sur le dossier syrien. Sans surprise, les alliés ou proches de la Russie, comme Damas ou Téhéran, honnis des mêmes Occidentaux, ont chaudement félicité le vainqueur.

Fraudes massives

Les conditions de la campagne «ont été clairement biaisées en faveur d'un candidat», a déclaré lundi la mission d'observation de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) à Moscou. Celle-ci a relevé des irrégularités dans le comptage des voix «dans près d'un tiers des bureaux de vote».

Le site control2012.ru, mis en place pour comptabiliser les fraudes, avait relevé lundi près de 6000 cas de violation de la législation électorale. L'ONG russe Golos a affirmé que selon ses propres estimations, M. Poutine avait obtenu non 64% mais 50,26% au premier tour.

(ats)

L'Occident entérine l'élection de Poutine

Les Occidentaux ont entériné lundi la victoire à la présidentielle russe de Vladimir Poutine, même entachée d'irrégularités. Ils lui ont demandé dans le même temps de faire évoluer la position de Moscou sur la Syrie.

Sans surprise, les alliés ou proches de la Russie, honnis des mêmes Occidentaux, comme Damas ou Téhéran, ont chaudement félicité le vainqueur. Un peu plus tôt, l'Union européenne s'était bornée à prendre «note» de la «nette victoire» du futur président russe, dans un communiqué de la cheffe de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, qui «encourage» Moscou «à remédier aux lacunes» du processus électoral.

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