Brésil – Des centaines de chercheurs d’or bloquent un affluent de l’Amazone
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BrésilDes centaines de chercheurs d’or bloquent un affluent de l’Amazone

La rumeur d’une découverte d’or s’étant propagée comme une traînée de poudre, le Rio Madeira est envahi par des centaines de bateaux d’orpailleurs. La Marine va intervenir.

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Des images diffusées par Greenpeace montrent plusieurs rangées d’embarcations alignées les unes à côté des autres, occupant presque toute la largeur du Rio Madeira.

Des images diffusées par Greenpeace montrent plusieurs rangées d’embarcations alignées les unes à côté des autres, occupant presque toute la largeur du Rio Madeira.

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L’orpaillage illégal est déjà répandu dans cette région, mais l’ONG a constaté un mouvement «atypique» et d’une ampleur inédite.

L’orpaillage illégal est déjà répandu dans cette région, mais l’ONG a constaté un mouvement «atypique» et d’une ampleur inédite.

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Un garimpeiro (chercheur d’or) évoque l’idée de construire «un grand barrage» en alignant les embarcations pour bloquer l’accès de la police.

Un garimpeiro (chercheur d’or) évoque l’idée de construire «un grand barrage» en alignant les embarcations pour bloquer l’accès de la police.

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Les autorités brésiliennes ont annoncé, jeudi, qu’elles allaient «agir» pour déloger des centaines de bateaux de dragage d’orpailleurs illégaux, qui forment d’impressionnants barrages sur le Rio Madeira, un des principaux affluents de l’Amazone.

«La Police fédérale et la Marine se préparent à agir», a déclaré le vice-président Hamilton Mourao à des journalistes, à Brasilia. Le Parquet fédéral a pour sa part réclamé, jeudi, «l’adoption en urgence de mesures répressives coordonnées» pour déloger les chercheurs d’or.

Au moins 300 navires

Des images diffusées par Greenpeace montrent plusieurs rangées d’embarcations alignées les unes à côté des autres, occupant presque toute la largeur du Rio Madeira. Les sources du quotidien «Estadão» au Ministère de la justice évoquent la présence d’environ 300 bateaux de dragage, mais Greenpeace estime qu’il pourrait y en avoir beaucoup plus.

L’orpaillage illégal est déjà répandu dans cette région, mais l’ONG a constaté un mouvement «atypique» et d’une ampleur inédite, à environ 100 km de Manaus, plus grande métropole de l’Amazonie brésilienne, suite à des «rumeurs» de découvertes de grandes quantités d’or.

Greenpeace dénonce un «crime environnemental» en toute impunité: «Ces images prouvent que les garimpeiros (nom des orpailleurs illégaux au Brésil) dominent la région et circulent sans avoir peur d’être dérangés.»

Un barrage pour bloquer la police?

Des messages vocaux attribués à des orpailleurs et publiés par «Estadão» montrent qu’ils sont déjà au courant de l’opération policière qui se prépare. «Un convoi va partir de Manaus», dit un garimpeiro. Un autre évoque justement l’idée de construire «un grand barrage» en alignant les embarcations pour bloquer l’accès de la police.

Selon une étude de l’Université fédérale du Minas Gerais, en partenariat avec le Parquet fédéral, seulement 34% des 174 tonnes d’or extraites au Brésil en 2019 et 2020 ont une origine légale certifiée.

Le gouvernement du président d’extrême droite Jair Bolsonaro est accusé par les écologistes d’avoir sabordé les organes publics de protection environnementale en les privant de moyens humains et financiers. Depuis son arrivée au pouvoir, en janvier 2019, la déforestation, causée principalement par des activités minières et agricoles illégales, a fortement augmenté en Amazonie.

(AFP)

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