Des centaines de moines ont été arrêtés
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Des centaines de moines ont été arrêtés

La junte militaire au pouvoir en Birmanie a reconnu vendredi l'arrestation de centaines de moines bouddhistes lors de la répression du mouvement pro-démocratie.

Aux Nations unies, l'émissaire Ibrahim Gambari a accueilli avec un optimisme «prudent» l'offre de dialogue sous conditions du régime avec la dirigeante de l'opposition Aung San Suu Kyi.

A New York, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a appelé la junte birmane à «prendre des mesures audacieuses en faveur de la démocratisation et du respect des droits de l'homme» dans un discours devant le Conseil de sécurité. Il a également jugé «odieux et inacceptable» l'usage de la force contre les manifestations pacifiques en Birmanie.

De son côté, Ibrahim Gambari, qui a achevé en début de semaine une visite de quatre jours en Birmanie, s'est déclaré «prudemment encouragé» par la perspective d'un possible dialogue. Le chef de la junte, le général Than Shwe, serait prêt, sous certaines conditions, à rencontrer «personnellement» l'opposante et prix Nobel de la paix, assignée à résidence depuis des années.

«C'est un développement potentiellement bienvenu qui nécessite un maximum de souplesse de toutes les parties», a souligné l'émissaire, qui souhaite qu'une telle rencontre ait lieu le plus tôt possible car «il s'agit d'une première étape nécessaire pour surmonter un haut degré de méfiance» entre la junte et l'opposition.

Le diplomate nigérian a également déclaré au Conseil de sécurité qu'une «autre mesure nécessaire» pour l'établissement d'un véritable dialogue en Birmanie était la «libération de tous les prisonniers politiques, en particulier les malades et les personnes âgées».

Le gouvernement birman a reconnu vendredi l'arrestation de plus de 500 moines bouddhistes, mais a affirmé que la plupart avaient été libérés et que seulement 109 étaient encore détenus. La junte a aussi indiqué que des recherches étaient menées pour retrouver quatre bonzes ayant joué selon elle un rôle de meneur lors du récent soulèvement démocratique.

Les Etats-Unis ont rapporté qu'une entrevue à Naypyidaw, la capitale administrative, entre leur ambassadrice par intérim en Birmanie, Shari Villarosa, et le vice-ministre des Affaires étrangères birman n'avait abouti à aucun résultat.

Mme Villarosa a demandé que la junte mette fin à la répression. Mais «ce qu'elle a entendu en privé n'était pas très différent de ce que nous entendons du gouvernement en public», a expliqué à Washington le porte-parole du département d'Etat Sean McCormack.

Selon le gouvernement birman, 10 personnes ont été tuées et 2.100 arrêtées, dont près de 700 ont été relâchées, lors de la répression des manifestations pro-démocratie conduites par les moines la semaine dernière. Mais ces chiffres sont contestés par les organisations d'opposants qui avancent un bilan de 200 morts, et font également état de 6.000 personnes arrêtées, dont plusieurs milliers de bonzes.

La vie reprenait lentement son cours normal à Rangoon, mais les quartiers de la principale ville du pays qui furent le théâtre de la répression restaient sous haute surveillance. Une demi-douzaine de camions militaires étaient ainsi stationnés près de la Pagode Sule, lieu symbolique de la contestation.

D'anciens présidents, Premiers ministres et ministres des Affaires étrangères de 20 pays ont appelé la Chine à faire pression sur le régime birman, dont elle est le principal soutien. Dans une lettre, les anciens dirigeants, parmi lesquels l'ex-Premier ministre français Lionel Jospin et l'ancien président tchèque Vaclav Havel, exhortent le président chinois Hu Jintao à utiliser «la position influente» de son pays pour pousser à la libération d'Aung San Suu Kyi et d'autres prisonniers politiques.

La missive, fruit d'une initiative orchestrée par l'ancien Premier ministre norvégien Kjell Magne Bondevik, exhorte également la Chine de pousser la Birmanie à entreprendre des réformes démocratiques. (ap)

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