Libye: Des centres du pouvoir détruits par les bombes
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LibyeDes centres du pouvoir détruits par les bombes

Des porte-parole du gouvernement libyen ont escorté la presse tôt mardi matin sur les lieux des bombardements de l'OTAN.

Des bombardements de l'OTAN ont visé dans la nuit de lundi à mardi des bâtiments officiels libyens dans la capitale Tripoli, dont le ministère de l'Intérieur.

Un incendie a éclaté dans les étages supérieurs du ministère de l'Intérieur. Non loin de là, de la fumée noire s'échappait d'un bâtiment abritant selon des responsables libyens des services de lutte contre la corruption.

Des soldats ramassaient des papiers à moitié brûlés, parmi des éclats de verre et des poutres de métal tordues, tandis que les pompiers arrosaient les flammes. Moussa Ibrahim, un porte-parole du gouvernement libyen, a affirmé que le ministère a été visé par l'OTAN parce qu'il contenait des documents impliquant des dirigeants du Conseil national de transition (CNT), le gouvernement formé par l'opposition libyenne dans son fief de Benghazi (est).

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Appels à la discussion

«Si l'OTAN veut réellement protéger les civils (...) alors nous les appelons à arrêter et commencer à nous parler», a ajouté le porte-parole. Des tirs sporadiques, dont l'origine reste indéterminée, ont été entendus après les bombardements.

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Selon la télévision officielle libyenne, des frappes de l'OTAN ont également touché Tajoura, un quartier de Tripoli, et Zaouïa, à environ 50km à l'ouest de la capitale. La télévision fait état de victimes décédées et de blessés, sans autres précisions.

L'OTAN, depuis quelques temps, a renforcé ses bombardements sur Tripoli, dans le but apparent d'affaiblir le régime libyen et potentiellement viser Moammar Kadhafi lui-même.

Mandats d'arrêt internationaux

Lundi, le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) Luis Moreno-Ocampo a demandé l'émission de mandats d'arrêt internationaux contre le leader libyen Moammar Kadhafi, son fils Seif al-Islam Kadhafi et le chef des services de renseignement Abdullah al-Sanoussi pour crimes contre l'humanité.

On reproche aux trois hommes d'avoir planifié, ordonné et s'être livrés à des attaques étendues contre la population civile, a précisé lundi M. Moreno-Ocampo au cours d'une conférence de presse à La Haye. Les forces de Kadhafi, a-t-il dit, ont ouvert le feu sur les manifestants, attaqué des civils chez eux, bombardé des processions funéraires et déployé des tireurs embusqués pour tuer les fidèles sortant des mosquées.

Des magistrats doivent à présent évaluer les preuves recueillies avant de confirmer ces chefs d'accusation avant de lancer des mandats d'arrêt internationaux. (ap)

Nouvelle défection

Choukri Ghanem, président de la compagnie pétrolière libyenne (NOC, National Oil Co.) et ministre du Pétrole, a fait défection et franchi samedi la frontière avec la Tunisie à bord d'un véhicule, selon une source proche du gouvernement. Le dirigeant libyen est descendu au Royal Garden de Djerba, selon un responsable des services de sécurité libyens qui a requis l'anonymat, et une source à l'hôtel.

C'est l'un des membres les plus éminents du gouvernement de Moammar Kadhafi à lâcher le dirigeant libyen à l'heure des affrontements entre les forces armées et l'insurrection et de l'intervention militaire de l'OTAN, destinée à protéger les civils des attaques des forces loyalistes.

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