Valais: Des cercueils arrivent à la crémation sans couvercle
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ValaisDes cercueils arrivent à la crémation sans couvercle

La semaine dernière, deux dépouilles sont arrivées au centre funéraire de Sion avec un coussin ou un linge sur le visage au lieu d'être enfermées dans leur bière. Le cas a été dénoncé.

par
Mirko Martino
Keystone

«C'est vraiment choquant.» Carole Schmidt est indignée. Mercredi, la conseillère municipale sédunoise a été informée que deux cercueils sont arrivés sans couvercle au centre funéraire de Sion en vue d'une crémation en l'espace de quelques jours. La première fois, mardi 18 avril, le visage de la défunte était caché par un coussin. La seconde fois, samedi 22 avril, un linge recouvrait sa tête. Il a fallu l'insistance du responsable des lieux, de retour de vacances lundi 24 avril, pour que l'entreprise de pompes funèbres responsable vienne visser des panneaux agglomérés sur les bières.

«J'ai immédiatement fait suivre le dossier au Service de la santé publique du Canton, indique l'élue PDC. Le personnel du centre funéraire et des employés d'autres entreprises de pompes funèbres qui sont passés par là ont également été choqués. Quand on confie ce travail à des professionnels, on attend d'eux qu'ils travaillent dans le respect des morts et de leurs familles.»

Chef du Service cantonal de la santé publique, Victor Fournier confirme l'ouverture d'une enquête. «En prenant connaissance de ce cas mercredi soir, la première question a été de savoir s'il y avait un risque sanitaire, précise-t-il. Vu que ce n'était pas le cas, nous n'avons pas pris de mesures provisionnelles à court terme à l'encontre de l'entreprise concernée. Par contre, nous avons entamé une procédure ordinaire afin de constituer un dossier.» Celle-ci pourrait conduire à une plainte pénale pour atteinte à la paix des morts.

Contacté par «20 minutes», le patron de l'entreprise de pompes funèbres dénoncée se refuse à tout commentaire. Selon nos sources, il s'agit de la même entreprise qui avait enterré la mauvaise dépouille lors d'obsèques à Martigny en juillet 2016.

«Une pratique indécente»

Impossible de savoir si l'entreprise de pompes funèbres a agi ainsi pour faire des économies. Son patron, selon le rapport du centre funéraire de Sion, affirme que ce sont les familles qui ont désiré garder les couvercles des cercueils et que cela se faisait aussi à Lausanne. Faux, dit-on du côté de la capitale vaudoise. «C'est une pratique indécente, souligne Patrick Quarroz, président de l'Association valaisanne des entreprises de services funèbres. A ma connaissance, personne n'a jamais fait ça.»

Risque d'incendie

L'employé du centre funéraire présent lors de l'arrivée des deux cercueils a refusé de procéder à l'incinération pour deux raisons, indique le rapport envoyé à Carole Schmidt. D'une part, il ne voulait pas voir les corps brûler avant que la porte du four ne se referme. D'autre part, le tissu qui dépassait du cercueil, s'enflammant très rapidement, aurait pu provoquer un incendie.

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