Banque Nationale Suisse: Des chiffres record pour la grande banque
Actualisé

Banque Nationale SuisseDes chiffres record pour la grande banque

La Banque nationale suisse (BNS) a dégagé au 1er trimestre un bénéfice consolidé de 1,86 milliard de francs, a-t-elle annoncé vendredi.

Après les lourdes pertes enregistrées sur l'exercice annuel 2010, la BNS affiche un bénéfice au titre du premier trimestre 2011. Son résultat a atteint 1,86 milliard de francs entre janvier et mars, contre 1,50 milliard à la même période de l'an dernier.

Le fonds de stabilisation mis sur pied pour UBS y a contribué pour 338 millions. Le résultat des positions en monnaies étrangères est ressorti à 1,60 milliard, a indiqué vendredi la Banque nationale suisse (BNS).

Le même jour à Berne, les dirigeants de l'institut monétaire défendaient devant l'assemblée générale des actionnaires le rapport financier 2010. Celui-ci fait état d'une perte de 21 milliards de francs (liée aux achats massifs d'euros pour contrer l'appréciation du franc), contre un bénéfice de 10 milliards en 2009.

Objets approuvés

Les comptes ont été approuvés à une écrasante majorité, de même que le dividende et la décharge. Sur les presque 58'000 voix représentées, le total des votes négatifs et abstentions sur l'un ou l'autre objet soumis au vote n'a pas dépassé 3800.

La proposition de petits actionnaires de renoncer au versement à la Confédération et aux cantons, qui aurait eu peu de chances en vote (plus de 60% des actions sont en mains de collectivités publiques) n'est pas entrée en ligne de compte. Cette compétence ne relève pas de l'assemblée générale mais du conseil de banque.

La BNS versera donc cette année encore 2,5 milliards de francs aux collectivités publiques et 1,5 million aux actionnaires. Pour ce faire, le montant attribué à la provision pour réserves monétaires, prévu à 4 milliards, a été réduit à 700 millions.

Cette réduction unique retarde le relèvement de cette provision décidé en 2009, mais rien n'a changé quant à la nécessité de constituer des provisions à long terme, a commenté Hansueli Raggenbass, président du conseil de banque.

Pour l'heure, la BNS a tenu compte de la situation exceptionnelle sur les marchés des changes en fin d'année, a-t-il expliqué. Et elle a pris en considération le besoin de sécurité de la Confédération et des cantons pour la planification budgétaire.

Révision prochaine

Reste que le vent pourrait tourner, au grand dam des argentiers cantonaux, puisque la convention entre le Département fédéral des finances (DFF) et la BNS concernant la distribution des bénéfices sera révisée cette année.

Cette révision intervient dans le contexte de la forte hausse de la somme du bilan. Par rapport à fin 2006, celle-ci s'est accrue de 160 milliards de francs pour atteindre 270 milliards.

Une telle évolution implique de plus fortes fluctuations du résultat, à l'image de l'écart entre 2009 et 2010. Certains bénéfices ont été d'une ampleur inattendue, notamment grâce aux plus- values réalisées sur l'or.

La Confédération et les cantons ont donc reçu des montants substantiels, a souligné M. Raggenbass. «L'importance de ces montants a nourri des attentes élevées, voire trop élevées, concernant le potentiel de distribution à long terme.»

Profit pas prioritaire

Pourtant la tâche principale de la BNS demeure le maintien de la stabilité des prix. Dans l'intérêt général du pays, elle «ne doit en aucun cas se laisser guider par des considérations de profit lorsqu'elle prend des mesures de politique monétaire», a martelé M. Raggenbass. Le bilan et le résultat financier ne sont pas l'objectif de son activité, mais en découlent.

Le public est concerné à maints égards par les mesures prises par la BNS, mais bien au-delà de la distribution du bénéfice, estime le président du conseil de banque. «Pensez aux recettes fiscales ou aux dépenses sociales qui dépendent de l'évolution économique.»

Or les finances publiques sont influencées de façon plus durable par la politique de stabilité que par le montant distribué, juge-t- il. «Il n'existe, à long terme, aucun conflit d'intérêts entre les destinataires de la distribution du bénéfice et la banque nationale.» (ats)

Ton opinion