Actualisé 29.01.2019 à 15:36

GenèveDes coaches pour faire des économies d'énergie

Les autorités genevoises veulent accélérer la transition énergétique du canton avec de nouvelles mesures en faveur de l'assainissement des bâtiments.

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leo
Les efforts doivent se porter sur les rénovations d'immeubles.

Les efforts doivent se porter sur les rénovations d'immeubles.

Keystone/Gaetan Bally

«La transition énergétique est un enjeu planétaire fondamental, le premier défi du 21e siècle», a déclaré mardi le conseiller d'Etat genevois Antonio Hodgers, chargé du Département du territoire (DT) en présentant les mesures concrètes du Canton pour son programme GEnergie 2050. Cette transition se fait de manière très large, puisqu'elle implique, outre l'Etat, de multiples acteurs, a-t-il rappelé.

«Même si on est encore loin de la société à 2000 watts (ndlr: c'est-à-dire à l'équilibre entre consommation et ressources), le chemin nous l'avons pris, la transition est en cours, c'est une réalité, pas seulement une ambition», a ajouté le magistrat. Et les chiffres le montrent. Certains objectifs pour 2020 ont été atteints ou sont en passe de l'être. La consommation d'électricité a ainsi baissé de 7,5% en 2017, alors que le but était de la diminuer de 2% d'ici l'an prochain. En ce qui concerne l'énergie thermique fossile, l'objectif de diminution de 29% visé s'apprête à être réalisé avec une réduction de 28,7% en 2017.

L'équivalent de 60'000 ménages

Par ailleurs, depuis son lancement en 2007, le programme éco21 des Services industriels de Genève (SIG) a permis d'économiser 179 GWh, soit l'équivalent de la consommation de 60'000 ménages genevois. «Il ne s'agit pas de s'arrêter là, a précisé Antonio Hodgers. On est content de nos chiffres, mais on doit aller plus vite face à l'urgence climatique.»

Pour ce faire, une enveloppe inédite de 35 millions de francs (32 millions en 2018), répartis entre le Canton, la Confédération et les SIG, va être consacrée à favoriser les rénovations et améliorations énergétiques des bâtiments en 2019. En effet, la moitié de la consommation énergétique du canton est liée au bâti, a expliqué Antonio Hodgers. Cela s'explique par un taux de rénovation particulièrement bas (1,2%).

Un rôle de facilitateur

En outre, pour aider les différents acteurs, une nouvelle prestation va être mise en place et subventionnée cette année. La «solution de rénovation» a pour but de faciliter les démarches administratives et optimiser l'utilisation énergétique des constructions. Des sortes de coaches viennent apporter leur conseil et expertise. Les «assistants à maîtrise d'ouvrage» (AMO) accompagnent les propriétaires. Ils peuvent par exemple aider à trouver les bonnes compétences ou encore faire le lien avec les SIG. C'est un rôle de facilitateur, mais aussi d'accélérateur du mouvement. Les «assistants à maîtrise d'usage» (AMU) interviennent, eux, pour aider les locataires à comprendre les enjeux.

Des projets pilotes ont permis de voir l'intérêt de ce dispositif d'accompagnement. Ainsi, les Rentes genevoises, qui possèdent soixante immeubles dans le canton, ont pu en bénéficier. Les AMO ont pu aider à faire face aux difficultés inhérentes à une rénovation: une législation dense de plus en plus complexe, des architectes qui ne sont pas forcément formés aux économies d'énergie, les méandres administratifs, etc.

Des liens sociaux

Pour les chantiers habités, les difficultés sont grandes, puisque les locataires sont dérangés. Les AMU ont permis de mener une expérience positive sur un chantier aux Eaux-Vives. Ils ont impliqué les locataires en leur expliquant par exemple les écogestes. De plus, cela a permis de créer un lien social. Des locataires qui ne se parlaient pas ont commencé à se lier. Pour un futur projet de surélévation à Lancy, des réunions et consultations d'habitants ont débouché sur un projet de pose de bancs et de potager urbain.

D'ici 2025, 150 rénovations lourdes devraient se faire selon ce modèle. «C'est ambitieux, mais atteignable», a estimé Christian Brunier, directeur général des SIG.

Des centaines de millions pour l'économie

Outre les gains au niveau écologique, la transition énergétique a un impact économique. Elle a ainsi permis de créer 400 emplois, selon le patron des SIG. Une rénovation a elle aussi un impact fort, puisqu'elle permet d'engager au niveau local, a ajouté Antonio Hodgers: «En réalité, les 35 millions de subvention, ce sont des centaines de millions injectés dans l'économie genevoise.»

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