Genève: Des coffres pour garder les grands crus

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GenèveDes coffres pour garder les grands crus

Un sommelier offre à ses clients de conserver leurs vins millésimés dans une chambre forte. Succès.

par
Irène Languin

A l'heure où le secret bancaire vacille, le vin pourra être s­tocké en toute confidentialité! Une société propose aux particuliers de conserver les bouteilles dans les coffres-forts d'une banque privée à Genève.

Située près de la place du Molard, la cave très spéciale d'«Au bonheur du vin» est un vrai quartier de haute sécurité pour grands crus. Au sous-sol de l'établissement bancaire, les nectars reposent derrière une lourde porte blindée. «Mes clients apprécient la garantie de sûreté et de discrétion», déclare Filip Opdebeeck, le jeune sommelier qui dirige l'entreprise. Stockées à une température et à un taux d'humidité constants, les bouteilles sont à l'abri de la lumière.

Près de 140 amateurs ont déjà été séduits par le concept. Et la liste s'allonge chaque mois. Après une inscription de 45 fr., le client peut gérer son c­ompte via internet. Le prix de s­tockage par flacon varie, selon leur nombre, de 20 à 37 ct. par mois.

Pour Daniel Dufaux, président de l'Union suisse des œnologues, ce service répond à un besoin chez les citadins. «Quand un passionné met de l'argent dans un cru, cela devient comme une œuvre d'art: il veut le conserver en lieu sûr. Sans compter que certaines bouteilles sont liées aux grands événements de la vie.»

Depuis peu, Filip Opbdebeeck propose d'ailleurs aux jeunes parents un nouveau produit permettant de «constituer une collection de crus que leur enfant dégustera dans vingt ans ou plus.» Le vin, un placement à long terme...­

Le nombre: 37 000

C'est la quantité de bouteilles que compte actuellement la cave sécurisée de Filip Opdebeeck. A terme, le sommelier compte accueillir 100 000 flacons. Les vins rouges représentent 80% de la collection.

Après un divorce ou un cambriolage

«Une de mes cliente n’a que trois bouteilles, un autre 2500»: la cave accueille tous les types de collectionneurs. Pour l’heure, il s’agit d’une majorité d’hommes et de citadins. «L’un d’eux s’est fait voler mille bouteilles. Un autre, en ins­tance de divorce,­ voulait éviter que sa femme n’emporte la moitié de ses crus.» Certains enfin lui confient leurs millésimes lorsqu’ils partent à l’étranger.

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