Des colombes de la paix s'envolent de la Place fédérale
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Des colombes de la paix s'envolent de la Place fédérale

Des colombes de la paix se sont envolées vendredi de la Place fédérale pour marquer le dépôt de l'initiative contre l'exportation de matériel de guerre et la journée internationale de la paix.

Muni de 109 000 signatures, le texte a été remis à la Chancellerie fédérale.

La récolte des signatures devait durer jusqu'à la fin de l'année. La rapidité de la collecte montre que de nombreuses personnes en Suisse sont opposées à toute participation à la «guerre contre le terrorisme», a déclaré le conseiller national Joseph Lang (Verts/ZG) vendredi devant le Palais fédéral, où flottaient de nombreux drapeaux arc-en-ciel.

Guerre pour le pétrole

La plus grande partie du matériel de guerre suisse est exporté vers des pays qui participent à la guerre en Irak ou en Afghanistan, pour sécuriser l'extraction de matières premières. L'initiative populaire veut aussi être un appel à refuser de servir la guerre.

Le Groupe pour une Suisse sans armée (GSsA) a réuni en treize mois les 109 000 signatures. Plus de 35 partis et organisations, dont le PS et les Verts, font partie de la «Coalition contre l'exportation de matériel de guerre», qui est officiellement à la tête de l'initiative. Elle compte dans ses rangs des syndicats, des organisations de paix et de femmes ainsi que des partis de jeunes.

L'action devant le Palais fédéral se veut un signe «contre la spirale de l'armement et la participation de la Suisse au business de la guerre». Les fabricants d'armes ne doivent plus réaliser des bénéfices sur le dos des victimes des conflits armés.

Contradictions de la Suisse

L'exportation d'armes menace la sécurité de la Suisse et renforce la menace du terrorisme dans les frontières helvétiques. En autorisant la vente d'armes, la Suisse est en contradiction avec sa propre politique de paix, des droits de l'homme et du développement.

L'initiative veut interdire toute exportation et tout transit de matériel de guerre par la Suisse. Il s'agit aussi d'interdire aux entreprises de contourner la loi en livrant une partie des technologies, qui peuvent être complétées à l'étranger et utilisées à des fins militaires.

La vente de plans de fabrication ou la possibilité de faire produire sous licence seraient aussi interdits avec cette initiative. En cas d'acceptation, la Confédération devrait soutenir pendant au moins dix ans les régions et les employés économiquement touchés par l'interdiction, en particulier dans l'Oberland bernois, à Emmen (LU), Stans (NW) ou Kreuzlingen (TG).

Vives réactions

Une acceptation de cette initiative signifierait un arrêt complet de la fabrication d'armements en Suisse et conduirait l'armée vers une dépendance complète face à l'étranger, ont indiqué le conseiller aux Etats Bruno Frick (PDC/SZ) et le conseiller national Jean-François Rime (UDC/FR), au nom du Cercle de travail sécurité et technologies de défense, un groupement d'une trentaine de personnalités du monde politique, économique et militaire.

Un oui à cette initiative toucherait près de 11 000 emplois, dont près de 5000 chez des sous-traitants, selon Swissmem, représentant l'industrie suisse des machines, des équipements électriques et des métaux. le chiffre d'affaires des entreprises suisses engagées dans la technique de sécurité et de défense se monte à environ 1,6 milliard de francs.

Cette initiative menace la politique de sécurité d'une Suisse indépendante, estime pour sa part l'Association suisse des sous- officiers (ASSO). Elle met aussi en péril la place économique suisse.

(ats)

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