Actualisé 24.02.2009 à 20:14

Somalie

Des combats à Mogadiscio font vingt-trois morts

De violents combats entre islamistes radicaux et forces pro-gouvernementales ont fait 23 morts mardi à Mogadiscio, au lendemain du retour en Somalie du nouveau président Sharif Cheikh Ahmed.

Quelque 90 personnes ont été blessées, a-t-on appris auprès de témoins.

Des miliciens lourdement armés, fidèles au parti islamique Hizb al-Islamiya, l'un des deux principaux groupes opposés au gouvernement dans la capitale, ont attaqué les forces pro- gouvernementales dans le district sud de Taleh, entraînant de violents combats.

Au moins 18 civils et cinq membres des forces de sécurité ont été tués dans ces combats, les plus violents enregistrés dans la ville depuis le retrait des troupes éthiopiennes du pays fin janvier. Un précédent bilan établi par l'AFP à partir de témoignages d'habitants et de sources hospitalières, faisait état de 14 morts, tous civils.

Quatre blessés ont succombé mardi après-midi à leurs blessures dans l'hôpital Medina, le principal de la capitale somalienne, a indiqué à l'AFP Ali Ade, un responsable de l'établissement.

Selon lui, 77 blessés ont été admis à l'hôpital Medina. Des responsables de l'hôpital Deynile, dans l'est de Mogadiscio, ont annoncé à l'AFP 14 admissions de civils blessés.

Assaillants mis en déroute

Un responsable de la police de Mogadiscio, le colonel Mohamed Abdi a assuré que les forces de sécurité étaient parvenues à mettre en déroute les assaillants, tout en déplorant la mort de trois policiers et de deux militaires.

«Nos forces de police ont été attaquées dans la zone de Taleh et elles ont infligé une défaite aux terroristes qui les ont attaquées. Nous en avons beaucoup tué et avons perdu cinq hommes», a-t-il déclaré à l'AFP.

Le porte-parole du Hizb al-Islamiya, Muse Abdi Arale, a réfuté ces déclarations: «Nous avons détruit des véhicules blindés et tué beaucoup de ceux qui prétendent appartenir aux forces gouvernementales». Cette formation est alliée au Cheikh Hassan Dahir Aweys, un chef islamiste somalien réfugié en Erythrée et recherché par Washington pour liens présumés avec Al-Qaïda.

Depuis deux ans

Les civils sont les principales victimes des combats qui secouent la capitale somalienne depuis deux ans. Les insurgés islamistes y lancent régulièrement des attaques contre les forces de sécurité ou les troupes de l'Union africaine (Amisom) depuis des zones densément peuplées, provoquant des ripostes aveugles à l'artillerie lourde.

Ces nouveaux combats ont eu lieu au lendemain du retour du président Sharif Cheikh Ahmed de Djibouti où il avait poursuivi la mise en place de son gouvernement après son élection le 31 janvier.

Le schéma sécuritaire à Mogadiscio a drastiquement changé début 2009 avec le départ de l'armée éthiopienne, qui intervenait depuis fin 2006 aux côtés du gouvernement somalien pour combattre l'insurrection islamiste.

Les islamistes ont toujours réclamé le départ de cette armée jugée comme une force d'»occupation», mais ils ont annoncé qu'ils pousseront désormais par la violence l'Amison au départ du pays. Cette dernière a perdu dimanche 11 soldats burundais et 15 autres blessés dans un attentat suicide contre leur camp à Mogadiscio, selon un bilan établi lundi par l'armée burundaise.

(ats)

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