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ViolencesDes combats font 30 morts en Turquie

Ces frappes sont intervenues malgré la trêve décrétée par le groupe séparatiste kurde.

Les violences se sont poursuivies ce week-end entre l'armée turque et le PKK dans l'extrême sud-est et l'est du pays. Elles ont fait au moins une trentaine de tués, malgré la trêve décrétée par le groupe séparatiste kurde.

Deux soldats ont été tués dimanche dans une attaque à la mine télécommandée visant un véhicule de l'armée perpétrée par des rebelles dans la province de Tunceli (est), a indiqué l'agence de presse pro-gouvernementale Anatolie. Deux soldats ont également été blessés dans cette attaque.

Les combats sont par ailleurs particulièrement intenses dans la zone montagneuse de Daglica (province de Hakkari), tout proche de la frontière irakienne. Ils ont coûté la vie à quatre militaires, dont un lieutenant-colonel, a indiqué dimanche une source de sécurité.

Une vingtaine de rebelles ont été tués dans ces affrontements, durant lesquels des hélicoptères ont été engagés. Samedi, Ankara avait déclaré avoir tué la veille onze membres du PKK lors de raids aériens dans le secteur de Yüksekova, toujours dans la province d'Hakkari. Plusieurs dépôts d'armes et des abris ont été détruits.

Trêve ignorée

Le gouvernement turc a ignoré l'appel du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) à la trêve en évoquant un coup tactique destiné à augmenter la popularité de l'opposition pro kurde avant les élections législatives du 1er novembre. Ankara déclare que ses opérations contre le PKK ne cesseront que lorsque les séparatistes auront déposé les armes et quitté le territoire turc.

Il y a trois mois, après des raids aériens de l'armée turque, le PKK a mis fin au cessez-le-feu qu'il observait depuis plus de deux ans. Qualifié d'organisation terroriste par la Turquie, les Etats-Unis et l'Union européenne, le groupe a pris les armes en 1984 pour réclamer une plus grande autonomie pour les Kurdes du sud-est de la Turquie. Plus de 40'000 personnes ont été tuées durant le conflit.

Par ailleurs, plus d'un millier de personnes se sont rassemblées dans différentes villes de Turquie samedi à l'appel d'associations pour rendre hommage aux 102 personnes tuées lors du double attentat-suicide intervenu à Ankara une semaine plus tôt, a constaté l'AFP. Cette attaque a été imputée par le gouvernement turc aux djihadistes de l'Etat islamique (EI).

Étrangers arrêtés

Dans ce contexte, une cinquantaine de ressortissants étrangers ont été interpellés tôt dimanche à Istanbul par la police lors d'une vaste opération contre les milieux djihadistes proches de l'EI, selon les médias turcs.

La chaîne n'a pas précisé la nationalité des personnes interpellées. Selon l'agence de presse Dogan, ces suspects faisaient des préparatifs pour se rendre en Irak et en Syrie afin de combattre aux côtés de l'EI.

Par ailleurs, onze suspects arrêtés dans le cadre de l'enquête sur l'attentat d'Ankara ont été déférés dimanche devant un tribunal de la capitale turque qui peut soit les inculper ou les relâcher, ont précisé les médias locaux. Selon la presse turque, la police soupçonne deux jeunes Turcs originaires de la ville d'Adiyaman (sud), un fief islamiste.

Merkel en Turquie

Dans ce contexte, Angela Merkel est arrivée en Turquie dimanche pour y évoquer avec les dirigeants turcs la guerre en Syrie, la crise des réfugiés et l'attentat d'Ankara. A son arrivée à Istanbul, la chancelière allemande s'est entretenue avec son homologue turc Ahmet Davutoglu, qui a salué la «meilleure approche» de l'UE en matière d'accueil des migrants. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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