Actualisé 15.04.2020 à 16:22

Genève

Des confinés en goguette font souffrir la campagne

Pêche à l'épuisette ou canoë dans les réserves: les incivilités s'accumulent. Les sanctions des gardes-faune sont légions.

de
Lucie Fehlbaum
La pêche à lépuisette est formellement interdite dans les réserves naturelles.

La pêche à lépuisette est formellement interdite dans les réserves naturelles.

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Des dauphins dans les ports, des paons évadés et des chèvres en ville: à travers le monde, les animaux gambadent depuis que les humains se confinent (lire ci-contre). A Genève, loin de voir des sangliers bronzer au Bourg-de-Four, les gardes-faune constatent plutôt des incivilités. En campagne, ils ont recensé plus d'infractions en deux week-ends ensoleillés que toute l'année dernière. «Les gens redécouvrent la nature et l'apprécient, c'est très positif, estime Gottlieb Dandliker, inspecteur cantonal de la faune. Mais, par manque d'habitude ou sous pression, certains font n'importe quoi, notamment dans les réserves.»

Ainsi, les gardes ont interrompu la pêche à l'épuisette d'une famille dans un marais protégé du canton. «On y trouve des larves de libellules, des poissons ou des batraciens, explique Alain Rauss, chef des gardes de l'environnement. Les réserves doivent leur permettre d'évoluer sans nuisances.» Au coeur d'une autre réserve, un groupe s'est lancé en canoë sur un étang. Les gardes-faune ont aussi mis fin au pique-nique d'un couple, couché à travers une prairie d'orchidées au Moulin-de-Vert, à Cartigny, alors que des zones de loisir sont aménagées. «Il faut se conformer aux panneaux, ils sont nombreux et compréhensibles par tous», rappelle Alain Rauss.

La palme d'or de l'incivilité revient aux voitures garées à travers champs et prairies, et aux chiens lâchés en forêts. Or, les règles sont simples. «L'aire agricole est interdite à la circulation, l'accès aux champs est proscrit pour tout le monde, y compris à pied, insiste Alain Rauss. Et les chiens doivent être tenus en laisse du 1er avril au 15 juillet, période de reproduction de la faune. Des chevreuils ont déjà été dérangés.» Pour motiver les Genevois, un dernier point est à souligner: le canton de Vaud n'a pas constaté «de dérangement excessif dû aux promeneurs dans la nature».

Animaux affamés cherchent touristes désespérément

Des scènes cocasses ont été filmée de par le monde, mettant en scène des bêtes ayant investi les villes. Au Pays de Galles, des chèvres sont ainsi venues brouter les haies du centre d'un village. Des sangliers ont causé quelques dégâts à Barcelone, des pumas se sont baladés à Santiago du Chili et des cerfs ont envahi la ville de Nara, au Japon. Raison généralement évoquée pour ces visites: la faim. En l'absence de touristes ou de promeneurs, les animaux ont moins de ressources pour se nourrir. Triste exemple en Thaïlande, où des milliers de singes affamés courent à travers Lopburi.

Aubaine pour les batraciens

Certains animaux des campagnes genevoises tirent tout de même leur épingle du jeu du semi-confinement. Batraciens, hérissons et blaireaux se font nettement moins écraser, grâce à la diminution du trafic sur les routes de campagne. AJussy notamment, les crapauds ont "profité de la rareté des voitures pour rejoindre leurs quartiers d'été sans incidents", se réjouit l'inspecteur cantonal de la faune, Gottlieb Dandliker.

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