Vaud: Des coups de couteau pour une porte claquée
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VaudDes coups de couteau pour une porte claquée

Un ancien patient de l'hôpital de Prangins risque l'internement en milieu fermé pour avoir blessé un autre patient.

par
Christian Humbert

«Je ne voulais pas le tuer. Je ne suis pas un criminel». Pataud, menotté entre deux gendarmes, Aziz * sait qu'il joue gros à 26 ans. C'est en effet un internement en milieu fermé, sans date de sortie programmée, que son avocat, Me Xavier Rubli, a cherché à contrer mardi devant le tribunal correctionnel de Nyon. Son client n'est pas toujours aussi calme. Il a tenté d'étrangler sa mère, une autre fois poursuivie avec un couteau. Ses hospitalisations successives en hôpital psychiatrique ne sont pas efficaces. Il fugue et est réfractaire aux soins. Pour l'experte mandatée par la justice, seul un traitement sur des années en prison a des chances de succès. Avec des risques diminués pour les codétenus. C'est en effet dans une chambre de l'hôpital de Prangins qu'Aziz a démontré une tendance à la violence avec un risque élevé de récidive.

Ce 7 septembre dernier, Jean * partage les lieux avec Aziz. Mais les deux patients ne se parlent pas. En fin d'après-midi, Aziz entre comme d'habitude en claquant la porte. Jean a expliqué: «Il ne la fermait pas mais la claquait. Cela m'a fâché. Je lui l'ai fait remarquer en la fermant». Aziz le traite alors de fils de p… en rouvrant la fameuse porte. «Ne me parles pas comme ça. T'es un connard» répond Jean.

Aziz sort un couteau à cran d'arrêt. Il porte d'abord trois coups dans le dos de Jean qui se protégeait avec un duvet. Aziz ne désarme pas: il cherche à frapper au visage, atteignant Jean à l'avant-bras.

«Il y avait du sang partout» raconte la victime, secourue peu après. Son agresseur est sorti fumer une cigarette. «Je me sentais bien avant de l'avoir frappé. Je me suis senti agressé. Je voulais changer de chambre» a raconté le prévenu.

La procureure Sophie Koehli a retenu la tentative de meurtre. Elle a requis 4 ans de prison, ainsi qu'un traitement institutionnel en milieu fermé. Aziz, détenu depuis l'agression, connaîtra son sort dans la semaine.

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