Genève Aéroport: Des cours contre la radicalisation à Cointrin
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Genève AéroportDes cours contre la radicalisation à Cointrin

Les agents de sécurité de Genève Aéroport doivent suivre une formation pour apprendre à déceler les comportements inquiétants de leurs collègues.

par
Christine Talos
Cette formation s'inscrit dans un contexte global de menace, selon l'aéroport.

Cette formation s'inscrit dans un contexte global de menace, selon l'aéroport.

Keystone

Prendre des cours pour apprendre à déceler la radicalisation de leurs collègues: c'est ce que suivent depuis le début de l'année les agents de sûreté de Genève-Aéroport, révèle mercredi Le Temps sur son site Internet. Une initiative lancée par l'aéroport lui-même, en accord avec le gouvernement genevois, selon le journal.

Quelque 370 collaborateurs de Genève Aéroport et près de 450 membres de sociétés privées sont concernés par ces cours. Les nouveaux agents les suivent via leur formation de base tandis que ceux qui sont en exercice le font via une formation continue.

Contexte global

Selon le porte-parole de l'aéroport, Bertrant Stämpfli, «cette formation n'a pas été dictée par un événement particulier, mais s'inscrit dans un contexte global de menace». Le Temps rappelle toutefois que 35 bagagistes de l'aéroport, soupçonnés de radicalisme, s'étaient vu retirer leur badge d'entrée au tarmac à la fin de l'année dernière. En 2016 également, on apprenait l'existence d'une salle de prières clandestine dans une compagnie d'assistance au sol.

Mais, selon le journal, les bagagistes ne sont pour l'instant pas impliqués dans cette formation. Pourtant c'est au sein de cette profession qu'il y a le plus de risques de trouver des personnes en voie de radicalisation. Du coup, l'aéroport envisagerait désormais de généraliser ces cours à tous les titulaires de badge une fois la formation actuelle évaluée.

Deux axes

Cette formation comporte deux axes: d'une part la sensibilisation du personnel à l'identification des signes de radicalisation. D'autre part, l'attention est portée pour que cette surveillance ne s'apparente pas à une discrimination, notamment en fonction de la nationalité ou de la religion des individus observés.

Ces cours sont organisés par un enseignant genevois, Claudio Recupero, qui est également historien, cinéaste, spécialiste du Moyen-Orient et des droits humains, et qui a notamment participé à des réflexions sur la radicalisation en milieu pénitentiaire, explique Le Temps.

Que contiennent ces cours exactement? Pour le savoir, le journal a essayé de contacter le formateur, mais celui-ci n'a pas répondu à ses questions. En effet, le contrat signé avec Cointrin prévoit une clause de discrétion afin de «ne pas donner le mode d'emploi» pour contourner les mesures prises, selon le porte-parole de l'aéroport.

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