Actualisé 19.04.2007 à 23:27

VIRUS, L'ENQUÊTE CONTAGIEUSE DE LA RSR«Des cours de langue oui, mais pas des examens!»

Les contrats d'intégration sont à la mode. Pour cela,rien de mieux que des cours de la langue du pays d'accueil. Mais les avis divergent quant à les rendre obligatoires.

Giulia et Luis sont à Genève depuis respectivement trente-sept et vingt ans. Ils suivent des cours de français à l'Université ouvrière deux fois par semaine. «Si j'avais appris à l'écrire, j'aurais certainement eu un meilleur emploi», regrette Luis, de nationalité portugaise. Mais à l'époque, tout comme Giula, italienne, il n'avait pas un sou à mettre dans des cours. Tous deux prônent une très forte incitation, voire une obligation pour les étrangers à suivre des cours de langue. «C'est indispensable, affirme Giulia, ma situation aurait été toute différente si j'avais eu cette contrainte dans les années 1970.» La Suisse doit faire face à la réalité de l'intégration, concept qu'elle a longtemps négligé, avec des cas répétés d'isolement et d'exclusion d'immigrés ou de fils d'immigrés. En charge de l'immigration, le conseiller fédéral Christoph Blocher prône l'apprentissage d'un idiome national, assorti de rudiments de civisme et de valeurs. «Pourquoi pas des cours obligatoires, estime Sandro Cattacin, directeur du département de sociologie à l'Uni de Genève, cela obligerait par exemple certaines femmes à sortir de chez elles. A Genève, l'offre de cours de langues est extrêmement étoffée, mais paradoxalement mal adaptée aux besoins des migrants.» De plus, qui va payer? «C'est une question délicate, souligne Françoise Gianadda, directrice de l'Office des étrangers du canton du Valais. Il faudra l'examiner.» Un ping-pong entre communes, cantons et Confédération est programmé. «Il faudra aussi être attentif à ce qu'il n'y ait pas de résultat exigé à la clé, ajoute Henriette Lersch, professeur de français à l'Université ouvrière de Genève. Il n'y a rien de plus effrayant pour un migrant, surtout s'il n'est pas très qualifié, qu'une obligation de réussite.» Dernier obstacle, l'acceptation par les entreprises que les étrangers suivent l'enseignement en partie sur les heures de travail. «Très peu veulent entrer en matière», constate Henriette Lersch.

Francesca Argiroffo (RSR)

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