Genève: Des déçus du PLR créent un nouveau parti politique
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GenèveDes déçus du PLR créent un nouveau parti politique

L’Elan Radical dit vouloir revenir aux sources du «grand vieux parti» de James Fazy, qui mêlait libéralisme et valeurs sociales. Ses fondateurs sont des partisans du conseiller d’Etat démissionnaire Pierre Maudet.

par
David Ramseyer
(KEYSTONE/Salvatore Di Nolfi

«Le retour de l’esprit Radical à Genève»: telle est l’ambition affichée du nouveau venu sur l’échiquier politique genevois. L’Elan Radical a annoncé sa création, ce vendredi. Ses fondateurs, issus des rangs du PLR dont ils ont démissionné, estiment que les valeurs du «grand vieux parti» de James Fazy qui ont façonné la Suisse moderne au 19e siècle n’étaient plus assez mises en avant au sein de leur ex-formation politique. «Nous prônons à la fois un Etat fort et une économie libérale, portés par des valeurs sociales», résume Francisco Taboada, vice-président du comité.

Selon ce dernier, les partis traditionnels manquent de réponses face aux grands défis actuels, notamment la pandémie de coronavirus. Dans son communiqué, l’Elan Radical juge ainsi que «la situation économique et sociale actuelle de notre canton (..) n’est pas prise à sa vraie mesure, ni par les partis en place, qui donnent le sentiment qu’ils ne contrôlent pas l’action gouvernementale, ni par le Conseil d’État, incapable d’agir comme une équipe soudée au service de la population».

Le nouveau né de la politique cantonale veut entre autres «renforcer la formation et le nombre des places de travail dans le domaine de la santé, protéger la liberté économique favorable aux entreprises et à l’emploi», mais aussi «défendre une autre façon de vivre ensemble ainsi qu’une répartition des richesses différente, lesquelles doivent garder Genève sur le chemin d’une prospérité qui ne laissera personne sur le bas-côté du chemin, dans un environnement social et naturel protégé».

Un instrument politique pour Maudet ?

Les fondateurs du mouvement sont d’ardents partisans de Pierre Maudet. Alors que le conseiller d’Etat démissionnaire – bientôt jugé pour acceptation d'un avantage suite à son voyage controversé à Abu Dhabi – se présentera à sa propre succession lors de l’élection partielle de mars prochain, l’Elan Radical assure ne pas être né pour servir le magistrat. «A titre individuel, je soutiens Pierre Maudet, énonce Francisco Taboada. Mais créer une formation politique pour porter une personne serait une erreur tragique. Nous voulons porter des valeurs.» Quant à savoir si la nouvelle entité appellera à voter en faveur du conseiller d’Etat - qui n’est pas membre du parti, selon le comité - «ce sera à notre future assemblée de le décider».

Cette dernière devrait se réunir pour la première fois en janvier. Le parti affirme avoir déjà enregistré quelques dizaines d’inscriptions au premier jour de son existence.

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