Lucerne: Des ami des animaux veulent tordre le cou à une tradition

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LucerneDes défenseurs des animaux veulent tordre le cou à une tradition

À la Saint-Martin, à Sursee, le cou d’une oie morte est tranché avec un sabre émoussé. Cette coutume fait bondir les amis des animaux qui voudraient l’abolir.

Armé d’un sabre et les yeux aveuglés par un masque, il faut trancher le cou de l’oie.

Armé d’un sabre et les yeux aveuglés par un masque, il faut trancher le cou de l’oie.

20Min/Lecteur reporter

Depuis le 18e siècle, le «Gansabhauet» se déroule le 11 novembre, jour de la Saint-Martin à Sursee (LU). Des jeunes gens revêtus d’un manteau rouge, tentent, les yeux bandés et le visage couvert d’un masque en forme de soleil, de décrocher une oie suspendue à un fil au moyen d’un sabre. Celui qui y parvient reçoit une récompense. Il faut normalement cinq à vingt coups pour décapiter l’oie qui est déjà morte.

Cette tradition «porte atteinte au sens de l’honneur et à la dignité de l’animal, comme le stipule la loi suisse sur la protection des animaux», estime un comité qui demande l’abolition de la chasse à l’oie. Quelques centaines de voix ont été recueillies jusqu’à présent dans une pétition. La protestation grandit d’année en année.

Il faudrait adapter la loi

Ce débat peut être mené, déclare Erich Felber, président de la commission «Gansabhauet». «Nous l’acceptons». Il souhaite toutefois souligner l’hommage rendu à l’oie. «À Sursee, il existe une grande estime pour l’animal. L’origine de la tradition remonte loin dans le temps, lorsque l’oie était offerte par les monastères en tant qu’aliment de choix. De ce point de vue, nous pouvons assumer la responsabilité de cette coutume», explique Erich Felber.

Le problème de la Gansabhauet à Sursee est que «la mort du volatile est célébrée de manière ritualisée, et non pas simplement acceptée comme c’est le cas pour l’abattage destiné à la consommation» commente Antoine F. Goetschel, l’un des plus grands juristes qui s’engagent pour les animaux et leur protection. Et pourtant: «En déduire directement une sorte de «perturbation de la paix des morts de l’animal», sans modification de la loi, n’est pas juridiquement défendable», admet le juriste. «Ce rituel, même avec des oies mortes, ne semble pas du tout adapté à notre époque», conclut Antoine F. Goetschel.

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(vfe/mgi/jbm)

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