Guerre en Ukraine: Des déserteurs russes pourraient demander l’asile en Suisse

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Guerre en UkraineDes déserteurs russes pourraient demander l’asile en Suisse

Ceux qui fuient la mobilisation partielle en Russie risquent une longue peine de prison. Même s’ils en rêvent, la Suisse n’est de loin pas la destination la plus attrayante pour eux.

Photo: AFP

En Russie, le vent semble tourner. Du moins, au sein d’une partie de la population. Des milliers de personnes ont manifesté, et plus de mille arrestations ont déjà eu lieu, après l’annonce de la mobilisation partielle ordonnée par Vladimir Poutine. De nombreux Russes prennent le risque d’être sanctionnés après avoir tenté de fuir: files d’attente aux frontières et vols complets sont légion. Mais ces ressortissants russes ont-ils l’intention de venir en Suisse? Pas forcément. Le «Tages-Anzeiger» rappelle que les conditions d’entrée dans l’espace Schengen sont strictes. Ulrich Schmid, professeur de culture et de société russes à l’Université de Saint-Gall, doute que les Russes tentent de venir en Suisse. «Pour cela, il faut un visa Schengen. De plus, le séjour ici est cher.»

Ce sont surtout les Russes qui connaissent déjà quelqu’un en Suisse qui pourraient être tentés de venir. Les destinations principales seraient plutôt la Géorgie, l’Arménie et la Turquie, où les Russes peuvent entrer sans visa. «Mais seuls 25% des Russes possèdent un passeport et peuvent voyager. De même, tous les Russes n’ont de loin pas les moyens financiers de partir facilement», rappelle Ulrich Schmid.

Pas d’augmentation des demandes d’asile jusqu’à présent

Sur le plan politique, on réclame une aide pour les déserteurs. Mercredi, la conseillère nationale socialiste zurichoise Céline Widmer a demandé au Conseil fédéral de réintroduire l’asile dans les ambassades, supprimé en 2013. Les personnes pourraient ainsi demander l’asile dans une ambassade suisse à l’étranger. «Plus nous les aiderons, plus nous contribuerons à mettre fin à cette guerre.»

Le Secrétariat d’État aux migrations (SEM) rappelle que le seul fait de refuser le service militaire ou de déserter ne suffit pas pour être reconnu comme réfugié possible. Un Russe devrait pouvoir avancer des raisons supplémentaires. Selon son porte-parole, Lukas Rieder, le SEM «observe attentivement la situation des déserteurs et des objecteurs de conscience russes».

Pour l’heure, rien ne semble indiquer que les demandes d’asile augmenteront drastiquement. Depuis le début de l’année, seuls 128 Russes ont demandé l’asile en Suisse. «Si la désertion a des conséquences graves pour la vie du soldat, alors il est possible que la Suisse offre l'asile à un déserteur», précise toutefois un porte-parole à la RTS.

(ofu)

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