Genève: Des dieux grecs émergent en pleine lumière
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GenèveDes dieux grecs émergent en pleine lumière

Entre bars et ateliers d'art, des dizaines de moulages de statues antiques de l'Université s'exposent pour la première fois au public.

par
David Ramseyer
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Les Lutteurs, une sculpture du 2e siècle av. J.-C., sous le regard de la Vénus de Milo. La plupart des répliques sont à l'échelle des modèles originaux.

Les Lutteurs, une sculpture du 2e siècle av. J.-C., sous le regard de la Vénus de Milo. La plupart des répliques sont à l'échelle des modèles originaux.

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Etudiants en histoire, classes d'école ou encore passionnés d'art antique peuvent admirer et étudier ces oeuvres de tout près. Une chose impossible, évidemment, avec les modèles originaux.

Etudiants en histoire, classes d'école ou encore passionnés d'art antique peuvent admirer et étudier ces oeuvres de tout près. Une chose impossible, évidemment, avec les modèles originaux.

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Une reproduction grandeur nature de la Vénus de Milo, l'une des statues les plus célèbres au monde.

Une reproduction grandeur nature de la Vénus de Milo, l'une des statues les plus célèbres au monde.

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La Vénus de Milo et Arès se sont fait une place parmi les fêtards du week-end, les passionnés d'art contemporain et les graphistes ou plasticiens qui occupent le complexe industriel de la SIP, dans le quartier des Bains. Depuis décembre dernier, un ancien entrepôt y accueille plus de 200 répliques de statues, de bustes et de frises antiques. Ces moulages en plâtre - la plupart grandeur nature - composent la collection de l'Université de Genève, rassemblée depuis le 18e siècle. Auparavant entreposées dans des caves ou dispersées dans des locaux obscurs de l'alma mater, ces pièces sont enfin dévoilées au grand public.

«Les répliques sont extrêmement précises, quasi parfaites, en réalité. On peut s'approcher tout, tout près pour les étudier ou les admirer, alors que c'est pratiquement impossible avec les modèles originaux», s'enthousiasme Lorenz Baumer, professeur d'archéologie classique. Le responsable de la collection de moulages de l'Unige poursuit, en montrant la copie de la frise d'un temple athénien: «Ces plâtres constituent parfois des pièces uniques pour les chercheurs, car les originaux sont aujourd'hui abîmés, voire détruits».

Des visites guidées gratuites sont organisées les lundi et mercredi, de 10h à 18h. Les lieux accueillent aussi des classes d'écoles, des étudiants en histoire ou en sculpture, ainsi que des programmes pédagogiques et des expositions.

Des copies millénaires

A l'époque antique, les Romains eux-mêmes effectuaient déjà des moulages en plâtre de statues grecques. "Il y a deux mille ans, de nombreuses pièces dans les temples, par exemple, étaient en fait des copies", souligne le professeur Lorenz Baumer. La technique pour effectuer ces répliques n'a pas beaucoup changé au cours des siècles. "En 1950, on a cependant commencé à injecter une fine couche de silicone sur les objets que l'on voulait reproduire, complète l'académicien. Ainsi, le plâtre est plus facile à décoller."

Les pièces exposées dans le quartier des Bains pèsent entre 100 et 200 kg. Leur coût de fabrication est extrêmement variable, de 500 euros à 100'000 euros, selon la complexité du modèle de base.

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